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À partir du XII e , « la somme » est la « charge, fardeau que peut porter un cheval, un mulet, etc. ».

 

Par glissement de sens, à la fin du XVI e siècle, la locution bête de somme est utilisée pour désigner « une bête propre à porter des fardeaux ».

(source Wikipédia)

 

 

 

 

 

 

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Mais les petites et grosses bêtes que nous avons croisées, parfois rencontrées au détours de nos balades étaient libres de toute charge…

 

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Ce ne sont QUE de simples feuilles…. ou des feuilles composées, d’arbres, de grimpantes, de territoires salés, etc.

mais comment ne pas tomber en admiration devant leur diversité de formes, couleurs (même au printemps), textures, touchers ?

 

 

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Touchées par toutes, y compris celles calligraphiées par Dom le « copiste » dont nous avons suivi les traces aux détours des piles de livres de la Librairie Pages d’encre.

En mai, les roses ne sont pas encore écloses en Picardie….

 

mais les variations de teintes roses, rosacées…. rouges, brique, pourpre… ne manquent pas…

 

de façon évidente ou plus discrète, mais toujours avec beaucoup de charme !

 

 

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Mais, bien-sûr la plus belle en rose, bien que Picarde seulement de « passage », c’est ma Mary !

« J’approchai l’arbre vers le soir et d’emblée je le reconnus, inchangé malgré les années.

Si les arbres vieillissent autrement que les hommes, c’est qu’ils ont autre chose à nous dire.

Sur son tronc, la peau s’écaillait par endroits livrant à l’air la chair à vif.

Dans le canal, depuis longtemps désaffecté, lentisques et nénuphars couvaient un monde d’hydromètres, d’araignées d’eau, d’élytres bleus.

J’écoutai longtemps ce silence.

Puis je fermai les yeux et me glissai sous l’écorce. »

Jacques Lacarrière * Le pays sous l’écorce

 

 

Je vous livre ma « cueillette » du jour dans le beau parc des Jardins de Séricourt (62)

 

Qui mieux que l’auteur pour vous inciter à lire « LE PAYS SOUS L’ÉCORCE » ?

Le Pays sous l’écorce, intitulé « récit », est, du point de vue du genre, une sorte de zoologie-fiction située dans notre monde. Il ne se déroule pas sur une autre planète mais sur la nôtre et, dirais-je même, à deux pas de nous. C’est un livre auquel j’ai pensé pendant des années avant de me mettre à l’ouvrage et dont le principe était exactement à l’opposé de celui des Fables de La Fontaine.

Dans ces fables, ce sont les animaux qui parlent notre langage, c’est le chien ou le lion qui s’exprime en un parfait français et non l’homme qui aboie ou rugit pour se faire comprendre du chien ou du lion. Le pays sous l’écorce explore cette deuxième voie : le narrateur s’y initie, au fur et à mesure de son exploration, au langage propre à chaque espèce animale rencontrée. C’est le récit d’une quête et d’une initiation et aussi la concrétisation d’un rêve et d’une question d’enfant à laquelle, à l’époque, nul ne répondit : « Que deviennent les fourmis quand elles disparaissent sous la terre ? » Eh bien, trente ou trente-cinq ans plus tard, je suis allé voir sous la terre ce que les fourmis y faisaient.

Dans le livre, c’est dans une termitière qu’en fait je m’aventure, ce qui m’a permis d’en rapporter un entretien instructif et confidentiel avec la reine des termites ! Ce livre a eu surtout du succès auprès du public enfantin et adolescent, bien qu’il ait été écrit pour tous les jeunes de 7 à 77 ans, pour reprendre une formule célèbre. Je n’ai pas voulu humaniser les animaux mais au contraire faire l’effort – ou plutôt contraindre le narrateur à faire l’effort – de se fondre dans son milieu. Toujours la même idée qu’avec la marche et le paysage : se retrouver à l’unisson du milieu qu’on explore. S’y rendre ou invisible ou familier.

Jacques Lacarrière

 

Pour découvrir plus avant l’oeuvre de cet auteur, je vous recommande l’association « Chemins faisant« 

« Il y a des jours qui ne ressemblent à aucun autre. Il suffit d’un pas de côté, d’un brin de vent dans les cheveux.
C’est ainsi que l’histoire commence.
« 

Il y a des jours… (2013) de Ahmed Kalouaz

« Ce n’était pas sans un certain plaisir sauvage que je courais dans le vent ce torrent d’air infini qui grondait comme un tonnerre à travers l’espace libérait mon esprit troublé. »

Jane Eyre (1847) de Charlotte Brontë

« Comme des montres sans cadran, une rangée d’éoliennes donne l’heure du vent, au loin. »

Faber. Le Destructeur (2013) de Tristan Garcia

« Je suis enfin prêt. J’enfourche mon vélo. Je fonce. Le vent me renifle. J’ai 10 ans. Le présent est un cadeau somptueux. »
Parfums (2012) de Philippe Claudel

 

« Pas plus que les girouettes ne modifient en quoi que ce soit la direction du vent, les opinions humaines ne changent rien à certaines vérités fondamentales. »
Lettres de Vincent à son frère Théo (1872-1890) de Vincent Van Gogh

« Les fleurs qui vont fleurir vont toutes naître de moi ; le vent qui souffle est mon haleine ; toutes les étoiles sont dans mes yeux. »
Les Chansons de Bilitis (1894), Hymne à la nuit de Pierre Louÿs

Oeuvre de créateur à Long (Somme)

« Je ne suis fou que nord-nord-ouest, quand le vent est au sud, je sais distinguer l’épervier du héron. »
Hamlet (1601), II, 2 de William Shakespeare

« Quand j’étais petit », sculpture de Jurga (Galerie Maznel – St Valéry sur Somme)

« On n’est pas forcément du pays où l’on est né. Il y a des graines que le vent aime semer ailleurs. »
L’Énigme du retour (2009) de Dany Laferrière

 

En passant devant le garage ce matin, nous avons eu la surprise de voir de drôle d’insectes, sombres, accrochés sur le crépis…

En nous approchant nous avons vu que cela bougeait étrangement… le dos de l’un d’entre eux semblait se déchirer et laisser apparaître quelque chose de vert très brillant… comme celui des feuilles qui surgissent des bourgeons.

À y regarder de près, nous avons compris que c’était des libellules en train de faire leur mue, là juste sous nos yeux ébahis.

Les nymphes ont choisi de quitter la mare située à trois mètres de là pour venir s’arrimer sur ce mur au revêtement de bonne accroche, clair, chaud en plein soleil de ce matin d’avril rayonnant, et entamer leur mue définitive qui les transforme de larve aquatique en flamboyant insecte volant.

Le jeune imago s’extrait de son ancienne enveloppe

Puis va peu à peu faire circuler son « sang » l’hémolymphe dans tout son corps pour lui donner ses nouvelles dimensions

Tout doucement l’insecte commence à déployer ses futures ailes sous l’injection de l’hémolymphe…
on dirait un bourgeon de feuille qui s’ouvre…

Les ailes sont maintenant déployées, toutes vertes encore

une demi-heure plus tard, les ailes ont fini leur déploiement,
leurs nervures pris une couleur foncée, la transparence joue les contrastes

… encore un peu de séchage, quelques battements hésitants et c’est le grand départ !

 

Après vérification, il s’avère que nos jeunes créatures sont de la famille de la « Libellule Déprimée » (Libellula Depressa).

Pendant un peu plus d’une heure nous avons contemplé ce spectacle hypnotique jusqu’à ce que l’une après l’autre elles ne prennent leur envol (trop soudain et rapide pour que je réussisse à le photographier)…

Elles ne nous ont laissé que leur ancienne enveloppe vie, leur exuvie en chitine.

Qui sait, peut-être repasseront-elles nous saluer du côté de la mare un de ces jours ?

 

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Diane. C’est ainsi que l’on me prénomme.

De nom de famille je ne m’en connais pas. On m’appelle juste Diane !

Je viens de contrées bien plus chaudes et sèches que cette Normandie où je réside désormais.
Heureusement que j’ai pu m’établir ma résidence sous cette grande verrière lumineuse et chaude ! Il faut dire que je n’ai jamais pu renoncer à la liberté de mouvement que m’octroie ma tenue légère Tu ne peux pas savoir ce que je me sens libre avec cette robe en fine toile de ramie ! J’aime cette matière souple et douce. Ne trouves-tu pas que son ton écru pâle s’accorde bien avec le velouté de ma peau juvénile encore ?

Comment ça ? Tu me trouves un peu blanchâtre ?
Mais pas du tout ! Tu te fies trop aux apparences dans lesquelles m’enchâsse ce marbre blanc finement veiné de gris dans lequel mon Simon m’a sculptée. Ma vraie nature est à capter au-delà de la fausse rigidité froide de la pierre.

Mais, non ! Simon n’est pas mon petit ami !
Simon Mansion c’est en quelque sorte mon second père : mon sculpteur. Un parisien épris d’Antiquité. Ça tombe bien, on sent comme il m’a aimée, n’est-ce pas ? Avec respect, mais intensité !

Mais non, je ne suis pas une guerrière ! Que vas-tu croire. Parce que je serais l’effigie de la chasseresse ? Je n’ai mas l’âme à tuer quiconque et surtout pas des animaux que l’on a horriblement classifiés dans la catégorie honteuse de gibier !
Pourquoi irais-je ôter la vie à une biche, un renard, un lapin, … un oiseau ?

Regarde-moi ! Ma main gauche ne tient qu’un arc imaginaire. Oui, imaginaire. Il ne s’agit pas d’un arc… juste une ébauche pour guider l’imagination, cibler le regard pour mieux observer le monde, capturer brièvement des bribes de la nature qui nous est offerte en libre partage.

Je ne chasse pas.

D’une part je n‘en ai pas besoin, le jardin de mes parents nous offre des fruits et légumes délicieux qui nous nourrissent à satiété.

Et puis, en fait, regarde-moi bien, je m’exerce plutôt à un art qui ressemble au Kyudo celui du tir à l’arc zen que pratiquent les japonais depuis des siècles.
Je te l’accorde, moi je ne connaissais pas cet art martial traditionnel nippon, mais ce sont des visiteurs de passage, venus d’Extrême Orient l’été dernier, que j’ai entendu expliquer cela. Ça m’a bien plu de découvrir que ma démarche de vie revêt ainsi un caractère universel.

Il faut prendre appui doucement sur le sol.

Non pas comme ces guerriers virils qui s’ancrent, s’enrochent pour sceller plus durement la violence de leur tir. Non, il s’agit pour moi d’établir un subtil équilibre entre pesanteur et expansion vers le ciel. Créer un axe souple du nadir vers le zénith, depuis la plante de mon pied droit sur le sol terrestre jusqu’au sommet de mon crâne, à la jonction fragile vers les cieux. C’est pour cela, pour mieux la percevoir que je suis coiffée avec cette touffe de cheveux de ma longue queue de cheval ondulée, repliée sur le sommet de ma tête.

J’ai délicatement placé ce pied droit à l’équerre par rapport à l’axe majeur de mes bras, comme pour dessiner une grande rose des vents, une boussole universelle.

Mon pied gauche, souple, prend appui sur mes arrières, perpendiculaire au pied droit, comme prêt à m’emporter.

Mon bras gauche, dans l’horizontale de mes seins…

Tu m’écoutes ?
Oui, je sais, ils sont beaux et fiers mes jeunes seins dressés et libres ! Oublie-les un moment et revenons au mouvement du regard, de l’âme toute entière tendue !

Mon bras gauche donc, porte l’arc imaginaire. Ma main gauche s’est saisie de sa poignée. Non pas en un empoignement guerrier ou viril, pas comme un Ulysse. Non, plutôt comme on tient un violon par exemple. L’arc ne pèse pas, ou peu, le bras reste souple, la main légère, non crispée.
Légèrement plus haute, car la flèche imaginaire se place au-dessus de la poignée, ma main droite s’est saisie de la corde, la retenant à peine, légère et ferme la fois, comme on tient l’archet d’un violoncelle.

Et, laissant monter et descendre en soit le souffle du monde, on laisse flotter la tête dans une rêverie consciente, ondoyer le regard vers le lointain. Peu à peu, paisiblement, il trouve son chemin, son attraction… Ce n’est pas la lunette de visée d’un fusil, mais une libre pensée lumineuse vers…

Je ne peux t’expliquer vraiment vers où. C’est un vécu très intérieur qu’il faut expérimenter.

Ne pas tendre trop la corde imaginaire, la faire vibrer doucement par la pensée, ne pas décocher brutalement la flèche, c’est elle qui décidera quand elle est prête à s’élancer !
Tu m’as vue, tu l’as vue prendre sa course et traverser le temps ?

Regarde, imperceptiblement ma main droite s’est détendue, comme la corde qui vibre sa musique intérieure !

Tu devrais essayer, te laisser vibrer en harmonie !
Et m’appeler : Diane. Diane libre !

Diane chasseresse (1817)
Sculpture de Simon Mansion (Paris 1773 – Paris 1854), dit Mansion le Jeune

*

Notre rencontre a eu lieu lors d’une visite au Musée des Beaux-Arts de Rouen,

ce 31 mars 2018.

Avec Mary et Martine nous nous sommes offert une fort sympathique pause d’écriture créative sous la grande verrière du Jardin des Sculptures. Un vrai goût de « reviens-y » !