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Nous avions hier le grand plaisir de retrouver nos très chers amis de longue date : Éva et Jacques Thelen. Je ne vais pas vous raconter nos retrouvailles ni partages épicuriens dont ils sont adeptes assidus (Jacques fut chroniqueur culinaire, et pas par hasard).

Je vous parlerai donc uniquement des deux ouvrages écrits par Jacques, inspirés par cette Baie de Somme  Il est samarien(*) d’adoption depuis trois décennies et trempe son imagination dans cette si belle contrée.

 

Son premier livre, publié en 2011 (réédité en 2015) s’intitule : Le trésor de la baie de Somme

Cela fait des siècles qu’on en parle. Il y aurait un trésor caché quelque part en Baie de Somme. Personne ne sait où il est, même si certains racontent que pendant la guerre des résistants avaient trouvé la cachette. Le jour où un avion militaire atterrit en catastrophe sur la plage du Crotoy avec des terroristes à son bord, plus personne ne pense à ce fabuleux trésor… Personne, vous croyez ?

ISBN 979-10-92285-32-1

 

Le second livre, publié en 2016, s’intitule : Les 400 coups du Kronprinz

En 1907 sur la côte picarde, le commissaire Lemercier est confronté à une affaire hors-normes. Trois cuisiniers ont été victimes d’un assassin qui leur a coupé la tête. Lemercier appelle à l’aide Anatole Deibler, le bourreau de la République, expert en décapitations. Il ignore que le Kronprinz, héritier de l’Empereur Guillaume II, a décidé de s’offrir du bon temps en venant chasser dans le secteur. Le séjour incognito de Son Altesse Impériale ne passe pas inaperçu et le chasseur va devenir gibier.

ISBN 979-10-92285-49-9

 

Je vous invite à regarder cette vidéo interview de Jacques Thelen qui en parle bien mieux encore (et dans les vrais décors) :

 

 

 

Un énorme travail de documentation préalable pour préparer les livres, puis une verve très libre et joviale dont on se régale, avec un joli sens du suspens qui font vivre de beaux moments de lecture.

Faut-il ajouter que je vous les recommande vivement ?

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Retrouvez Jacques Thelen très bientôt  à «  Lire en baie » : Salon du livre autour de la Baie de Somme, les 3 et 4 juin 2017

 

Sa maison d’édition : Pôle Nord Editions

 

Si vous avez l’envie, la curiosité, hors saison de chasse, vous pouvez louer la Hutte des 400 coups à Noyelles-sur-Mer… comme un gîte hors normes avec 7 places.

 

 

Scoop : Jacques prépare un nouveau livre, dont la géographie restera proche de la Baie… et se documente sur les faussaires….

Mais chut, on n’en dira pas plus pour le moment…

 

(*) samarien : Depuis le 2 janvier 2012, les habitants de la Somme s’appellent les Samariens, en référence au fleuve qui donna son nom au département, la Somme, dont le nom gaulois était Samara.

 

Notre plaine était encore humide des averses orageuses de la veille quand nous l’avons quittée ce matin. Nous laissons derrière nous les dernières traces de jaune des étendues de colza dont la floraison s’estompe.

Traversée de la forêt de Dreux, souvenir de promenades d’enfance. Puis Anet, où vécurent plusieurs membres de ma famille. À l’adolescence, chaque mois d’août j’allais travailler au restaurant de ma cousine. Pensées aussi pour Clodine qui y a vécu quelques brèves années enfantines avec ses parents, nous avait-elle raconté lors de son passage le mois dernier.

Suite de la « remontée » vers le Nord, peu avant de franchir la Seine dans les alentours de Mantes (qui usurpe son surnom, on le savait et ça se confirme), découverte à peu de kilomètres de distance de deux sublimes champs de lin. Une ébauche de mer aux vibrations si subtiles… trop éphémères en voiture pour y goûter autant que j’aurais aimé… Avant-goût j’espère !

Traversant le Vexin par les petites routes nous faisons halte pour déjeuner à Magny-en-Vexin. Une de ces bourgades endormies des campagnes françaises, comme nous les narrait Axel Khan dans ses récits de traversées de la France à pied. Un bourg qui a gardé de nombreuses traces architecturales d’un dynamisme local dans les siècles précédents et qui tente de survivre dans une demie léthargie qui doit être propice à des sentiments de dépression pendant les mois sombres, humides et froids.

De façon inattendue, nous « tombons » sur un lieu très sympathique intitulé « la récré des fées ». Mi boutique de thés, mi salon de thé / en cas de midi. Mobilier hétéroclite, accueil avec grand sourire enjoué de la cuisinière, serveuse, animatrice ! Çà et là des livres… à picorer au gré… quelques-uns à acheter (on devine que ce sont les autoéditions d’amies ou d’amies d’amies)… une décoration fantaisiste, un peu bohème.

Nous nous disons que ce serait un endroit sympa pour faire un atelier d’écriture. Nous découvrons moult dessins et textes d’enfants qui décorent les toilettes (avec une affiche de Malala…tiens donc ?). Et puis quelques haïkus pas très orthodoxes mais pleins de fraîcheur et sans doute débutants. L’heure de la pause déjeuner des travailleurs, vendeuses est passée, les lieux sont quasi déserts et la dame plus disponible pour échanger et elle nous révèle que, en fait une dame de la région vient animer un atelier d’écriture environ deux fois par mois dans son établissement… étonnant, non ?

 

Reprenant nos délicieuses routes sinueuses et peu fréquentées, nous apercevons plusieurs bouquets d’éoliennes blanches au détour de collines douces. Pas toutes alignées, mais si on place ces divers bouquets sur une carte, j’imagine que l’on doit pouvoir y déceler un couloir de vents… Il faudra que j’essaie de le faire pour avoir la curiosité de pister le vent !

Voir l’invisible et l’écouter chanter !

Entre deux autres vallonnements et buttes boisées, un tapis rouge, non pas de cette couleur un peu rouillée comme cette terre fraîchement labourée et détrempée par une averse récente que nous venons d’apercevoir sur notre gauche, mais d’un vrai rouge, vif, franc, gai… un champ de coquelicots !

Autant dire une rareté, un petit miracle offert sous cieux picards !

Autre halte dans le village de Gerberoy : ruelles pavées, vieilles maisons de briques et colombages entrelacés, poutres très anciennes brutes ou peintes dans des tons pastels… et un peu partout des rosiers, souvent grimpants (mais en tout début de floraison), des clématites…

Observation de détails d’architecture, des provenances locales et alliances de matériaux, des pièces métalliques forgées depuis quelques siècles, enseignes, … espaces plus discrets et charmants comme un mini jardinet ensauvagé derrière une grille…

D’une zone à l’autre de l’horizon des nuées en forme de chou-fleur sur fond d’azur, mais surtout, s’enfuyant vers l’Est ou le Nord, des masses sombres et menaçantes qui s’affrontent. Mais nous ne verrons pas d’éclair.

Une journée finalement riche en couleurs variées… nous qui venons sur les traces d’un peintre, cela commence bien.

 

Amiens, les masses d’air s’affrontent… Je ne sais pas laquelle gagne, mais nous nous enfuyons vite devant une, deux, trois giboulées !

Lorsque nous arrivons sur son parvis, la cathédrale est hélas déjà fermée aux visites, nous reviendrons demain…

 

Espérons que les giboulées répétées n’auront pas noyé les hortillonnages !

Pour me laisser porter vers un doux sommeil j’essaierai d’emprunter une barque et nous laisser juste glisser imperceptiblement sur les canaux….

Fermez les yeux… vous y êtes ?

 

Le 9 mars dernier, à l’invitation conjointe de Jean de Bannes, Marie Carillo et de l’opération 1000 lectures d’hiver, nous avons eu le grand plaisir d’écouter la lecture de l’ouvrage « Miette » de Pierre Bergounioux par Bruno De Saint Riquier.

 

 

 

LE LIVRE : 

À travers les visages de Baptiste, Adrien et Miette représentants douloureux du monde paysan, Pierre Bergounioux offre l’évocation bouleversante d’un monde silencieux à jamais enfui.

4ème de couverture :
Le haut plateau granitique du Limousin fut l’un des derniers refuges de l’éternité. Des êtres en petit nombre y répétaient le rôle immémorial que leur dictaient le sang, le sol et le rang. Puis le souffle du temps a touché ces hauteurs. Ce grand mouvement a emporté les personnages et changé le décor. On a tâché de fixer les dernières paroles, les gestes désormais perdus de ce monde enfui.

Nous suivons Miette (Marie) et ses enfants de 1910 à 1980.
Un roman qui a pour décor le plateau du limousin en Corrèze. Un hameau près de Jassonneix, façonné par trois mille ans de vies qui se répètent à l’identique.
Miette (diminutif de Marie) en est le personnage central. Un mariage arrangée à 20 ans qui la condamne à compter toute sa vie.
Miette qui s’élevait au dessus de son temps, de sa condition. Aux larmes et aux plaintes, elle a préféré l’opposé, le silence, l’impassibilité qu’on lui voit sur les photos.
Son fils ainé, Baptiste; un bloc massif qui empruntait sa détermination aux rochers, aux troncs d’arbres, aux torrents.
Il était l’âme et le bras de ce lieu. L’esclave et la maître des choses.
Baptiste qui maniait le français avec élégance. Mais, lorsqu’il se tournait vers les choses, c’est du patois qu’il se servait.
Il était le dernier que la terre ait eu à sa main, tenu corps et âme à sa dévotion.
Après lui; le lieu, l’aliénation de trois mille ans dont il était l’incarnation, allait se rompre.
Cet homme de trente siècles qui eut nom Baptiste.
Cette femme de trois mille ans qu’on appela Miette .
Davantage qu’un roman, plutôt le témoignage d’une période charnière de l’histoire de la ruralité. La traversée des 2 guerres, l’émergence de la modernité (les outils, la connaissance, l’évolution des mentalités).
Vous y ajoutez un style admirable et une hyper sensibilité.
Et vous obtenez une oeuvre magnifique.
Tout simplement indispensable !!!
CRITIQUE par « Frunny »

PIERRE BERGOUNIOUX

Biographie et bibliographie sur Wikipédia

À ÉCOUTER une émission de France culture / À voix nue
Pierre Bergounioux, de lettres et de fer (1/5)
Une petite patrie en Corrèze

LE LIVRE SUR LE SITE DE L’ÉDITEUR

 

 

 

 

 

 

LE GITE :

Le Boulay du Parc, chambres d’hôtes en Perche-Gouet, que gère notre hôte Jean de Bannes est un lieu plein de charme, une authentique longère percheronne, un accueil chaleureux.
Nous ne saurions que le recommander vivement pour l’organisation de votre prochain séjour en Eure-et-Loir, dans le Perche !
https://www.hotes-en-perche.com/

 

Le gîte est situé sur la Commune de Frazé.

 

 

 

 

 

LE LECTEUR :

Bruno De Saint Riquier, comédien et metteur en scène dans la Compagnie Théâtre du Détour de Chartres,

non seulement nous a ravis de sa lecture de Miette, mais nous a aussi fait découvrir l’auteur Pierre Bergounioux, non seulement en nous présentant son parcours, ses ouvrages… mais aussi l’homme qu’il a pu rencontrer personnellement, y compris dans son antre de sculpteur dans sa maison corrézienne. Visiblement une vraie rencontre majeure pour lui et cela n’a fait que décupler l’émotion de l’écoute.

Nous devons bien avouer que, jusque lors, nous ne connaissions pas cet auteur pourtant majeur. Mais en quelques semaines depuis cette initiation « hivernale », nous nous sommes bien rattrapées entre les emprunts de quelques ouvrages à la médiathèque l’Apostrophe de Chartres et quelques achats trop tentant à la librairie l’Esperluète à Chartres toujours …

Un très grand merci, non seulement pour la lecture, la passion de la transmission, mais aussi pour nous avoir offert l’accès à cet auteur !

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1000 LECTURES D’HIVER :

Chaque hiver, plusieurs milliers de personnes, familières ou non du livre et de la lecture, sont invitées à se réunir en petits groupes, à écouter, à ressentir, à discuter, à échanger autour de la littérature et dans une ambiance conviviale.
Avec mille lectures d’hiver la littérature française et étrangère d’aujourd’hui s’écoute autant qu’elle se lit.
Cet événement artistique unique permet aux habitants de la région Centre-Val de Loire de devenir les artisans de rendez-vous littéraires placés sous le signe de la curiosité et du partage. Chacune de ces rencontres offre l’occasion rare de l’écoute commune d’un même texte par des publics venus de tous les horizons.
C’est une histoire simple, ouverte à tous.
Au fil des éditions, mille lectures d’hiver s’est développé sur la volonté affirmée de donner une vraie résonance à la création littéraire de notre temps, de favoriser le croisement des idées et des émotions, de rendre « acteurs » l’ensemble des citoyens d’un même projet à partager, en toute convivialité.
En savoir plus &  Télécharger la brochure.

 

Une opération organisée par CICLIC – agence régionale du Centre pour le livre, l’image et la culture numérique – Etablissement Public de Coopération Culturelle, créé par l’Etat et la Région Centre.

 

L’AMBIANCE :

Comme il est de coutume, la séance de lectures s’est poursuivie par de sympathiques échanges autour d’agapes collectives :

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Encore un très grand merci à Jean de Bannes, Marie Carillo, Bruno de Saint Riquier et CICLIC !

à l’hiver prochain nous l’espérons pour de nouvelles découvertes !

 

Domino

Domino, sculpture de YbahUne Sculpture de Ybah admirée au 4ème Salon de la sculpture de Courville sur Eure

De terres enlacées
Embrassement, embrasement
De toi de moi
Blanche, brun
Lumière enchâssée
Nous naissons dans l’émoi
De notre rencontre
Et surgissons… humains

Françoise Trubert
26 mars 2017

 

Domino, sculpture de Ybah

Comme elle l’indiquait dans une interview récente, ses sculptures, comme ses dessins, représentent souvent des femmes et des hommes dans la plénitude de l’âge sans faire aucune concession aux canons de la beauté :
« Au-delà des apparences et de l’empreinte du temps, chaque être humain possède ses propres parcelles de beau, de sensuel, de pudique et de sensible. Mon fil conducteur est celui des sentiments, de l’empathie et de l’amour. Tout est beauté dans la nature ! »

 

Le site de l’artistehttp://www.ybah-sculpteur.com/

 

Un salon de sculpture très intéressant et diversifié, qui a beaucoup plu aux enfants aussi !

 

Bravo aux artistes et merci aux organisateurs !

Couleurs plumes de paon
<< Bleu, rouge, blanc, vert, jaune, noir… et après ?
Combien de couleurs ?
Ne demandez pas à l’arc-en-ciel : c’est un prestidigitateur.
Il ne nous montre que ce que nous voulons voir.
Les enfants, qui cherchent le trésor au pied de ses rayons, le savent bien : les couleurs se dérobent dès qu’on tente de s’en emparer, elles ne sont qu’illusion…
[…/…]
Derrière les six couleurs de base viennent les second couteaux, les demi-couleurs (rose, marron, orangé, violet et le curieux gris) et un cortège infini de nuances que nous ne cessons d’inventer.
La leçon que nous tirons ici est réjouissante : une couleur n’existe que parce qu’on la regarde. Elle n’est en somme qu’une pure production de l’homme. À méditer.>>

Michel Pastoureau

in « Les couleurs expliquées en images »
Michel Pastoureau – Dominique Simonnet
éditions Seuil

 

En prélude à la prochaine session de lectures partagées à haute voix du Cercle littéraire de Combray, nous avons cueilli quelques couleurs en passant !

 

Parmi nos rencontres tourangelles de cette fin d’avril 2016, nous vous présentons, par ordre alphabétique :

 

Le Blanc à multiples facettes :

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La palette des Bleus : 

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Parmi les tons bruns, marron :

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Les Gris si différents en densités et textures :

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Avec soleil ou pas, le printemps s’annonce d’abord par du Jaune :

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Il renferme dit-on toutes les couleurs, le Noir :

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Nous ne l’avons guère croisé seul, et pour c’est pour Éluard la couleur de la Terre, l ‘Orange :

Orange tulipeLes rosiers n’étaient pas épanouis encore en ce début de saison, mais le Rose, lui était bien présent :

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Le Rouge, sûr de lui ne s’en laisse pas conter :

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Mais, indubitablement le grand vainqueur printanier reste le Vert :

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Même s’ils sont plus discrets, le Violet et le Mauve commencent à surgir :

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Et le grand vainqueur du jour fut : l’Arc-en-Ciel au cœur des vignes de Vouvray !

Arc en ciel Chançay Colinière

 

Le 17 octobre 2015écrire nous avons eu, Mary et moi,  la grande chance et le bonheur de participer à la seconde session de l’ATELIER D’ÉCRITURE CRÉATIVE organisé par notre amie Renée Combal-Weiss de Jeudijecris (en collaboration avec le Cercle Littéraire de Combray).

Elle prépare deux nouvelles séances d’une journée d’écriture  au cœur du premier royaume de Marcel Proust, Illiers-Combray, où se trouve la Maison de la Tante Léonie.

SAMEDI 28 ou DIMANCHE 29 MAI 2016

selon votre disponibilité.

retrouvezMarcelitoRETROUVEZ LE PETIT MARCEL QUI SOMMEILLE EN VOUS :

trois propositions d’écriture, une plongée dans votre émotion, en résonance avec celle du plus grand écrivain de la mémoire affective, le partage de vos textes autour d’un déjeuner proustien …

Une expérience concrète de l’écriture « sur le motif », pour explorer les leviers à la fois universels et singuliers de cette mémoire involontaire révélée par Proust.

Mais il n’est pas nécessaire de connaître ou d’aimer Proust pour se régaler !

 

Informations pratiques :
Le coût de la journée est de 90€ (incluant l’animation de 5h d’atelier, la visite de la Maison de la Tante Léonie -Musée Marcel Proust, le déjeuner et les collations durant l’atelier).
L’atelier se déroulera de 10h à 17h.
Illiers-Combray est à 1h30 de Paris en voiture (autoroute A10 sortie Illiers-Combray)

Pour vous inscrire, envoyez-nous un mail à : contact@jeudijecris.com

Votre inscription sera effective dès réception de votre chèque de 90 euros par participant, à l’ordre de « ASACPC-Cercle Littéraire de Combray ».
et adressé à Renée Combal-Weiss / Jeudijécris / 4 Villa du Lycée – 92130 Issy-les-Moulineaux

Téléchargez le programme

 

Portrait par Joël Anfray de l''Echo républicain

PS : Lire aussi notre reportage sur la première session de juin 2015 « Une belle équipe à la recherche du Petit Marcel chez Tante Léonie« 

La collection de 100 brochettes de bonbons de Mary

La collection de 100 brochettes de bonbons de Mary

1er mars 9 heures, j’arrive à l’école et je découvre les institutrices avec leurs élèves qui sont là tout excités par la promesse de cette journée de fête de l’école. C’est le centième jour d’école et pour certains c’est un émerveillement car voilà tout juste cent jours, ils ne savaient pas lire et maintenant ils prennent conscience qu’ils peuvent lire à peu près tout ce qui est à leur portée. Ils ont des étoiles dans les yeux lorsqu’ils déchiffrent un mot nouveau et qu’ils en comprennent le sens.

Je sais que je vais passer une merveilleuse journée entourée de tous ces jeunes enfants qui ont entre six et huit ans. Le centième jour j’en entends parler depuis longtemps et, moi aussi, je suis impatiente de découvrir tout ce qui va se passer autour de cet évènement.

J’arrive dans les classes et là je mesure le travail fourni par les enseignantes pour transformer leurs deux classes en ateliers créatifs ainsi que la salle des maîtres en atelier cuisine.

Les enfants sont par groupes de six avec un savant dosage entre les trois niveaux (de CP à CE2), entre les filles et les garçons et entre les timides et les plus bavards. Ils se répartiront ainsi tout au long de la journée dans les divers ateliers qui dureront environ 45 minutes chacun.

Il y a :

– Sport avec une course d’orientation

– Arts visuels (fabrication d’une couronne avec des bandelettes chacune décorée avec une série de 10 représentations et le tout collé sur une bande horizontale)

– Arts visuels (dessins de figures géométriques avec des couleurs concentriques)

– Atelier cuisine (préparation des diverses gourmandises pour le goûter collectif)

– Atelier mathématiques

– Atelier production d’écrits

 

Je suis chargée, tout au long de cette journée, de l’atelier production d’écrits. Je suis heureuse car je sais que je vais me régaler à leur faire produire de la matière verbale pour en faire un écrit. Tout d’abord, je les invite à venir découvrir leur photo qui se trouve sur un bureau. Et là surprise ! Car c’est une photo un peu spéciale : ils se découvrent avec un visage vieilli ! Je leur annonce que c’est eux et qu’ils ont cent ans ! Leurs premières réactions se divisent en un tiers qui écarquillent de grands yeux et prennent un air sérieux et les deux tiers qui rient de bon cœur et se trouvent plus ou moins drôles ou plus ou moins beaux. Une fois revenus à leur place autour de la table, je vais les faire parler et noter toutes leurs réflexions sur cette étrange découverte d’eux-mêmes.

Je leur pose quelques questions afin qu’ils s’expriment, du type :

Vous avez cent ans !

  • Comment vous trouvez-vous sur la photo ?
  • Quels métiers aurez-vous fait au cours de votre vie ?
  • Comment seront les voitures ?
  • Aurez-vous lu beaucoup de livres ?
  • Est-ce qu’il y a des fusées ?
  • Avez-vous voyagé ?
  • Qu’allez-vous faire de votre photo ?

 

J’aime ma tête. Ah non je me trouve horrible. Moi, je ne veux pas être vieille parce que les enfants se moquent de moi. Je ne me trouve pas belle, je cache ma photo. J’ai plein de traits sur le front, je me trouve rigolote. Je ne veux pas avoir ce visage. Comme je me trouve beau ! C’est marrant de se voir à cent ans. Moi on dirait un chinois ! Les photos ne sont pas belles. On sera mémé un jour ? Je n’aime pas les fripures, les rayures et les bosses de mon visage. Elle me ressemble ma photo ! Ma photo je la trouve cool.

On fêtera toujours notre anniversaire ? Si on est vieille, on devient petite ? Si je mets ma photo près de ma tête c’est comme si mon papy était à côté de moi ! Cent jours ça passe vite, mais cent ans c’est très long ! Moi, si je vais à cinquante, j’irai à cent. Je ne veux pas ça donc je veux mourir. Ma photo ne me fait pas peur. Il manque le corps c’est dommage ! Je ne veux pas être mémé car je ne veux pas aller au ciel. Je ne veux pas être adulte parce que c’est moche et je n’ai pas envie d’être grosse ! On est vieux à cent ans ? Moi, à cent ans je serai mort. C’est long cent ans ! Moi, j’ai envie d’avoir cent ans un jour. Non, moi je ne veux pas être vieux.

Dis, t’as quel âge toi ? (65)

Tout ça ! Ce n’est pas cent mais c’est beaucoup !

A cent ans, on aura pris notre retraite. Ma grand-mère a cent un ans, elle est entraineuse de ………. ; judo, alors moi je serai entraineur de judo. J’aurai travaillé et j’aurai eu des enfants mais pas trop non plus car c’est casse pied ! J’aurai été policière pour arrêter les monstres ! J’aurai fait des dessins dans des livres. J’aurai travaillé pour avoir de l’argent. Moi, je serai bijoutière et j’aurai plein de bijoux. Je travaillerai dans un zoo pour bien m’occuper des animaux. Moi, à dix-huit ans je serai maître et après j’aurai travaillé chez Mac Do et après Docteur. Je serai pêcheur de gros poissons. Je vais faire super mamie, je serai déguisé en fille, il y aura des règles comme les règles de vie à l’école. Je serai fermière avec des vaches et des chevaux. Je ne serai pas à la retraite, je veux toujours travailler. Moi, j’aurai été cuisinier, c’est mon rêve ou boulanger avec mes petits-enfants. Peut-être que j’aurai encore mes cheveux longs et que j’aurai été coiffeuse !

Dis, toi tu fais quoi ? (Je suis à la retraite)

Mais avant ?

Ah bon on peut faire plusieurs choses, moi mon papa il fait toujours pareil !

 

Il y aura plein de voitures, des voitures anciennes, des chevaux et des carrioles, des voitures électriques. Ce sont les hommes et les femmes qui les conduisent sauf s’ils ont une canne. Il y a des voitures qui vont rouler toutes seules. Il y aura aussi des voitures sans chauffeur. Moi, je voyagerai en avion ou en voiture décapotable ou avec un robot qui roule. Je serai allé en Chine et au Japon avec un train. Moi, en Allemagne et je ferai des petites promenades. Moi, j’aurai voyagé en dormant. (Tu auras rêvé ?) Non c’est comme voyager en fermant les yeux. Moi, je vais aller en fusée sur la lune. Moi, je serai allé en Amérique. Et moi dans tous les pays en train sous-marin. Et moi, dans l’univers pour voir la terre en bas.

 

J’aurai lu beaucoup de livres en français. Et moi, dans toutes les langues. Moi, en italien et en espagnol. Moi, je n’aurai pas beaucoup de livres. Moi, je lirai des histoires aux enfants. Je n’aurai pas lu beaucoup de livres, je serai policier. Moi, je saurai encore lire mais avec une loupe.

Ma photo, je veux la déchirer et la mettre à la benne. Je vais mettre ma photo dans mon déguisement. Moi, je vais la mettre sur la porte de ma chambre et comme ça mes parents vont avoir peur. Je vais la garder ma photo. Moi, non car je ne suis pas joli. Je vais garder ma photo et l’accrocher à mon mur, je vais la regarder chaque jour, et quand je serai mémé ce sera un souvenir ! Moi, non car je ne suis pas belle. Moi, je vais la retoucher avec du tippex pour cacher mes traits aux yeux. Je ne montrerai jamais ma photo à maman parce qu’elle trouve que je suis pas belle sur les photos.

 

Je ressemble à une sorcière avec mon menton. Moi, je n’irai plus à la piscine, je ne saurai plus nager. Je ne veux pas être vieux car on n’a pas beaucoup d’argent. Je veux être vivante mais pas vieille. Moi, je me trouve mémé et sotte. Je ne veux pas avoir cent ans. Je ferai encore du cheval ? On sera un fantôme ? Mon cousin, il a sept ans et moi huit alors, je vais mourir avant lui. Moi, je ne suis pas pressé d’être vieux ! Moi, j’aurai beaucoup ri ! Et moi, je ne serai bien amusé !

 

Chaque enfant avait préparé à la maison et apporté le matin, une collection autour de cent objets. En fin de journée ils l’ont présentée individuellement à l’ensemble de leurs camarades et aux adultes présents. Tout un échantillon de créativités et d’imaginations sont représentées au travers de leurs productions. La journée s’est terminée par un très beau et bon goûter, préparé par les enfants, et chacun est reparti chez soi avec plein de belles images et d’émotions vécues au cours de cette journée historique. Le soir, chez moi, j’imaginai toutes ces petites voix racontant cette belle journée à la maison !

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Ma jardinière de bonbons pour remercier les enfants

Ma jardinière de bonbons pour remercier les enfants

Quant à moi, je suis rentrée avec la tête pleine de toutes leurs réflexions, de  ces beaux moments de partage avec tous ces enfants. C’est une grande richesse que d’avoir la possibilité de les écouter, de les entendre et surtout d’entendre ce qu’ils ont à nous dire. Prenons-nous suffisamment de temps pour eux ? Moi, ce jour-là je me suis régalée et il est rare d’avoir des échanges intergénérationnels aussi sincères, vrais et sans tabous. C’est une grande leçon que m’ont donnée tous ces enfants.

 

Merci à eux et aux enseignantes qui m’ont fait confiance, en m’attribuant cet atelier. J’ai reçu un très beau cadeau de leur part à tous.

MARY

 

PS : pendant les semaines qui précédaient les 100 jours, Arthur s’est appliqué à préparer sa collection surprise, en coloriant les grandes zones linguistiques du monde, en écrivant et prononçant le 100 en chinois, en japonais, en anglais, en espagnol … et même en russe !