Feeds:
Articles
Commentaires

« C’est une chose étrange à la fin que le monde » civilisé se termine comme ça : il n’y a plus de glace au chocolat dans le congélateur et je ne vois pas comment nous allons survivre dignement.

Car, franchement, dites-moi, est-ce que ça vaut la peine une vie sans glace au chocolat ?
Pas vraiment hein ? Je vous l’avais dit.

Ce qu’on va vivre à partir de maintenant c’est « Le roman du Big Bang « .

Quand je pense qu’avant nous avions une vie paisible, avec l’été en perspective.

Vous croyez que cette terrible pénurie c’est que qui annonce « Évolution (l’histoire de l’homme) » ?

Je ne pourrais pas le supporter, malgré tout mon courage.

Je croyais, comme le dit la chanson de Barbara, que Le jour se lève encore.

Mais là, sans glace au chocolat, c’est plutôt « L’aurore inachevée ».

Pauvre de nous !

Courage camarades, le réapprovisionnement arrivera bien un jour.

Le monde sera sauvé nous aurons un jour à nouveau de glace au chocolat à partager !

Tenons bon !

En réponse au DÉFI : « POÉSIE SUR COUVERTURES » n° 14 (et dernière édition)
Proposé par Alice de Autour des Mots – Écrivain Public
https://www.autourdesmotsecrivainpublic.fr/

<< Voici un petit poème improvisé à l’aide de titres de livres de ma bibliothèque personnelle.
Insérez-le dans votre texte ou poème, où bon vous semble, ou inspirez-vous en pour créer une ambiance.
Jusqu’à 20 – 30 lignes maximum. 📚🖋

LES LIVRES :

• C’est une chose étrange à la fin que le monde- Jean d’Ormesson
• Le roman du Big Bang – Simon Singh
• Evolution (l’histoire de l’homme) – Alice Roberts
• L’aurore inachevée – Pierre Malte

 

Ce dernier opus proposé par Alice est pour moi l’occasion de la remercier :

Merci de nous avoir offert en partage toutes ces belles incitations d’écriture, mais aussi de (re)découvertes de livres… La lecture et l’écriture, même si elles peuvent paraître solitaires, sont avant tout un partage.
Animer un atelier d’écriture c’est être un passeur !
Merci et belles continuations de projets !

Tu ne me vois pas, parce que tu ne me regardes pas avec les bons yeux.
Tu ne vois de moi que mes oripeaux, les costumes obligés.
Tu ne vois de moi que la couche externe.
Tu ne vois de moi que les caricatures d’un C.V., par mon humanité.
Regarde-moi avec les yeux du cœur
Regarde-moi avec un regard fraternel, sororal
Et là tu me verras vraiment…
Tu vois, je te l’avais bien dit !
Tu perçois l’être que je suis, tout en beauté intérieure.
Tu captes ce qui est l’âme de qui je suis.
Je te lève mon chapeau, tu as su aller au-delà des apparences.
Je peux désormais t’emmener sur mes chemins d’imagination.
Tu pourras voir les couleurs de toute chose.
Tu peux sentir l’intérieur qui est plein de souffle de vie.
Tu peux ressentir les palpitations chaudes.
Si tu ne me vois pas, c’est que moi je te regarde.
Tu ne me vois pas, parce que j’ai la main sur ton épaule pour t’accompagner
Tu ne me vois parce que nous regardons ensemble !

Françoise Trubert, 10 mai 2020

Photo : Clodine Bonnet alias Clodine Porte-Plume

Je me souviens d’une française nommée « Puffinette ».

Dans son pays vivent nos cousins les macareux, mais ils ne l’intéressaient pas.

Ce qu’elle voulait voir c’était notre île secrète. Là nous vivons sans humains, juste entre nous. Ce lieu où notre communauté se rassemble et se multiplie. Elle avait lu que notre île était facilement reconnaissable avec son profil à deux bosses, au large du comté de Kerry.

Elle est venue tout près pour vérifier si nous étions en bonne forme, voir si nos pattes étaient plus orange que celles de nos cousins bretons et vérifier également la couleur de notre bec. Elle voulait absolument s’assurer de notre bonheur de vivre loin des humains, vérifier que nous étions bien nourris, constater par elle-même notre état amoureux. Et elle a été comblée car nos pattes et nos becs étaient plus orange qu’orange. Nous étions en pleine saison des amours.

Alors cette française, honnêtement, nous l’avons à peine regardée. D’ailleurs nous ne savons toujours pas pourquoi elle se faisait appeler « Puffinette » ce n’est pas un nom d’humaine !

Nous savons par les macareux, nos cousins bretons, qu’elle pense toujours à nous. Mais surtout, lorsqu’elle voit des amoureux ou des amoureuses, elle ne peut s’empêcher de vérifier si elle ne trouve pas un regard lumineux et orangé chez eux ou elles.

Car elle pense que les humains devraient s’inspirer de notre liberté de montrer que l’on est amoureux à ce point, notre liberté à montrer nos sentiments sans retenue.

Quelle belle liberté que de pouvoir être ce que nous sommes, sans contraintes ni peur de nos voisins.

Vraiment nous sommes heureux, nous les Puffins sur notre île !

 

Mary Robieu, 5 mai 2020

Image © le Charly de Gwenn

Pendant le confinement, j’ai entrepris d’explorer, et tenter de ranger un peu le grenier de notre maison de campagne.
Depuis que nous avions repris cette vieille maison de ma grand-mère, nous avions surtout passé des week-ends, toujours trop courts, de courts séjours aux vacances de printemps durant lesquels on ne rêve que de vivre le plus possible dehors.

En fait, c’est la première fois depuis le décès de ma chère grand-mère, que je séjourne un peu longuement dans cette maison devenue mienne. Première fois aussi que j’examine à nouveau ce grenier, univers de mes jeux d’enfants, il y a… un bon paquet d’années.

Après avoir balayé le plus gros des toiles d’araignées, je commence à explorer les vieilles armoires regroupées près de l’escalier, remplies de linge scrupuleusement plié et emballé dans du papier cristal.

Un peu plus loin, sous le vasistas, je redécouvre la vieille malle qui nous faisait tant rêver. Je soulève le couvercle qui résiste un peu à la recherche de « L’ultime secret » dont la mémoire vient de surgir à mon esprit. C’est sûr, c’est là, au fond de la malle, dans un étui de cuir, lui-même placé dans une simple boîte en carton, pour mieux le banaliser aux yeux d’éventuels curieux… pas là, de l’autre côté, oui ! Le voici : « Le carnet d’or » !

Le cahier dans lequel j’ai confié mes premières tentatives d’écritures : quelques poèmes maladroits mais plein de tendresse enfantine, un récit d’aventure improbable, une ébauche de ce que je croyais pouvoir devenir le prochain Goncourt, au moins, « Le symbole perdu » de mes velléités adolescentes de devenir l’écrivaine du nouveau siècle…
Un beau rêve un peu poussiéreux !

Françoise Trubert, 9 mai 2020

 

En réponse au DÉFI : « POÉSIE SUR COUVERTURES » n° 13
Proposé par Alice de Autour des Mots – Écrivain Public
https://www.autourdesmotsecrivainpublic.fr/

<< Voici un petit poème improvisé à l’aide de titres de livres de ma bibliothèque personnelle.
Insérez-le dans votre texte ou poème, où bon vous semble, ou inspirez-vous en pour créer une ambiance.
Jusqu’à 20 – 30 lignes maximum. 📚🖋

LES LIVRES :

• L’ultime secret- Bernard Werber
• Le carnet d’or – Doris Lessing
• Le symbole perdu – Dan Brown

Ce printemps-là…

Ce printemps-là nous nous sentions si différents, tellement ailleurs, tellement outre-temps.

Alors, à l’écoute du concert vespéral des oiseaux, j’avais décidé de partir.

Partir en nous, partir je ne sais où, s’envoler, planer, danser, décoller, nous aimer, virevolter … allégées des contraintes du monde d’en bas.

La Super Lune de mai venant à passer à l’orient de ce début de soirée me fit un clin d’œil complice, comme une invite à belles échappées.

Sans plus hésiter, tu mis ta robe de fée, je chaussais mes souliers de rêves et par les sentiers des elfes, nutons et autres esprits fantasmagoriques, nous nous élançâmes dans une ronde envolée, légère, rythmée par les doux grelots des premières étoiles…

Françoise Trubert, 9 mai 2020

 

Image défi proposé par Gwenn

– Léon, tu iras me chercher de l’eau à la pompe stp !
Tu m’en mettras un broc dans la cuvette pour laver les légumes de la soupe.
Et pis t’en prendras pour la carafe, bien fraîche !

Léon, de son pas lourd et désormais traînant, sans quitter ses vieilles charentaises élimées, en se tenant au chambranle de la porte de cuisine, chausse les sabots de bois pour aller dans la cour. Des sabots en bois, il n’a jamais pu se faire à leurs trucs en caoutchouc, des sabots bien ouverts sur l’arrière, qu’on peut enfiler facilement, c’est mieux pour sortir rapidement. Enfin, à sa vitesse. Il a toujours eu un pas lent et placide de paysan, et à son âge on se demande parfois s’il avance vraiment.

Il saisit le broc en zinc qui attend toujours près des sabots, lève la clenche de la partie basse de la porte fermière (la partie haute, vitrée est grande ouverte en ce début de printemps), et avec prudence franchit la petite marche pour descendre dans la cour de leur maison.
La cour est désormais séparée de la cour à poules, sa Léone voulait faire moderne et avoir des fleurs devant la maison, et avec les volailles c’était pas trop possible, y’en a qui déracinent ou mangent tout. Et pis les poules ça crotte partout, on en ramène sous les pieds, et Léone est trop rigoriste sur la propreté de la cuisine, faut pas une tache sur les tomettes qu’elle cire à l’huile de lin.
Alors, depuis plusieurs années il s’est résolu à mettre un grillage pour séparer la cour en deux parties : d’un côté les fleurs de Léone, de l’autre les poules.

Mais la pompe à bras, est restée installée dans la partie cour à poules.

C’est une pompe en fonte, avec son bras très long qu’il doit manœuvrer en soufflant de plus en plus fort. Ce n’est pas que le mécanisme soit très dur à actionner, il le graisse bien régulièrement, mais la longueur du bras en forme de longue boucle l’oblige à faire de grands brassages qui l’épuisent désormais. Heureusement que Léone n’en veut qu’un broc.

Elle pourrait prendre l’eau au robinet (elle le fait en hiver), mais l’eau de la ville ça coûte qu’elle dit, et quand on peut tirer au puits elle préfère.

– Bon alors, Léon, ça vient cette eau ?
– J’arrive, j’arrive !

En frottant fort le tissu de coton rêche de sa cotte de jardinier à chacun de ses pas glissés, chaloupés, Léon s’en revient, un peu penché sous le poids du broc plein d’eau.
Il se demande à quoi sera la bonne soupe que Léone va préparer ce soir avec les légumes de printemps qu’il lui a rapporté du jardin tout à l’heure.
Ça lui met l’eau à la bouche rien que d’y penser, tiens !


image proposée en défi d’écriture avec Gwenn et Mary

Quelle vie aurais-tu voulu vivre Mammie ?

Moi ? Je crois bien que j’ai eu une belle vie tu sais. Rien d’extraordinaire, mais j’ai aimé la vie que j’ai eu, que je me suis faite, avec mes choix, certains combats aussi, avec fermeté, en tant que femme notamment pour nos droits et dignités.

Je n’ai pas eu « La vie très privée de Mr Sim » ou je ne sais quel personnage de roman.

Je n’aurais pas voulu avoir « La vie d’une autre« . Non, la mienne spécifique m’a bien convenu.

J’ai eu ma vie, comme elle est venue, comme je l’ai construite avec mes goûts, mes rencontres de personnes surtout.

Par chance j’ai vécu dans un pays, un groupe humain ou nous n’avons pas eu à subir « La vie interdite » qui est scandaleusement imposée à certaines personnes dans d’autres pays ou communautés : je pense aux personnes LGBT, comme le fils de voisin qui a été renvoyé de chez ses parents quand ils ont su qu’il était homosexuel, je pense aussi aux gens du voyage repoussés d’un peu partout parce que différents ; je pense aux peuples minoritaires dans certains pays (Rohingyas en Birmanie, Indiens d’Amazonie, etc.).

Je te le dis ma petite fille, j’ai eu une belle vie. Je te souhaite de tout cœur de pouvoir choisir celle qui te rendra heureuse, que tu aies la conviction pour défendre tes choix, des envies, en respectant les autres, mais surtout en te respectant toi-même.

Une belle vie, oui !

Françoise Trubert, 8 mai 2020

 

En réponse au DÉFI : « POÉSIE SUR COUVERTURES » n° 12
Proposé par Alice de Autour des Mots – Écrivain Public
https://www.autourdesmotsecrivainpublic.fr/

<< Voici un petit poème improvisé à l’aide de titres de livres de ma bibliothèque personnelle.
Insérez-le dans votre texte ou poème, où bon vous semble, ou inspirez-vous en pour créer une ambiance.
Jusqu’à 20 – 30 lignes maximum. 📚🖋

LES LIVRES :

• La vie très privée de Mr Sim – Jonathan Coe
• La vie interdite – Didier Van Cauwelaert
• La vie d’une autre – Frédérique Deghelt

 

 

Entre mes deux ouïes

Vibrer notre jazz aimé

Murmure du bois

 

 

Françoise Trubert, 7 mai 2020


image proposée en défi d’écriture par Gwenn

Elles se levaient, « Mille femmes blanches » encore d’avoir trop longtemps été confinées à l’ombre.
Elles se levaient pour revendiquer une autre vie, une autre place au monde, la libération des chaînes, chaîne de leurs emplois dévalorisés, chaînes de magasins, chaînes de messages débilisants, chaînes de réseaux endoctrinants, chaînes de télévision abrutissantes…
Elles se levaient pour revendiquer leur autonomie, leur indépendance, leurs retrouvailles avec elles-mêmes, avec un vrai monde qui ne détruise plus la nature autrefois féconde et nourricière, qui ne rende plus mortifère l’air que nous ne respirons plus qu’avec difficultés dans les villes et banlieues polluées, concentrées, confinées.
Elles se levaient « Pour un arpent de terre », pour réapprendre à produire le cœur de leur échange au monde, à la terre.
Non pas comme leurs ancêtres serviles de grands propriétaires, de maîtres fermiers, subsistant avec peine de leurs bras, mais en apprenant, en collaboration, une nouvelle culture de proximité, un renouveau de la gestion agricole, respectueuse de l’environnement et des femmes et des hommes qui y vivent, en vivent.
Elles se levaient, « Vent debout » !

Françoise Trubert, 7 mai 2020

En réponse au DÉFI : « POÉSIE SUR COUVERTURES » n° 11
Proposé par Alice de Autour des Mots – Écrivain Public
https://www.autourdesmotsecrivainpublic.fr/

<< Voici un petit poème improvisé à l’aide de titres de livres de ma bibliothèque personnelle.
Insérez-le dans votre texte ou poème, où bon vous semble, ou inspirez-vous en pour créer une ambiance.
Jusqu’à 20 – 30 lignes maximum. 📚🖋

LES LIVRES :

• Mille femmes blanches – Jim Fergus
• Vent debout – collectif
• Pour un arpent de terre – Claude Michelet

Le passage

Souvent j’avais parcouru ce chemin montant vers la vieille ville, sur ces pavés séculaires. J’aimais l’écho des souliers sur les dalles de pierre dure et sobre qui faisait comme une compagnie fugitive et secrète.

Je me souviens que lorsque nous étions enfants, nous adorions traverser l’ombre de ce passage en nous poursuivant, en criant aussi sous se voûtes pour amplifier nos voix, pour dépasser nos appréhensions de l’obscurité soudaine après la grande lumière venue du port.

Parfois aussi, quelque garnement de la haute ville, sorti très vite de l’école, se tenait en embuscade au recoin de l’arche haute pour effrayer les filles qui cheminaient par petit groupe chaque soir.

La voûte avait quelque chose d’austère, d’impressionnant par la rusticité de ses pierres, par le changement brusque de lumière, par le vent qui s’y engouffrait en se serrant sur la roche. La brume de la baie aimait y glisser subrepticement son chemin secret pour gagner la place haute de la ville, comme l’écho des fantômes des navigateurs perdus qui hantent les récits anciens.

Lorsque je parcours ce passage aujourd’hui, entre deux quartiers de la ville, deux géographies : celle de la mer en contrebas, celle du plateau outre vieille ville du haut, je me sens comme un Ulysse qui retrouve sa patrie après tant d’aventures, introspections, errances puis retour.

Ce passage m’est devenu repère intemporel entre les âges de ma vie, entre des étapes de ma vie.

Mais je m’interroge encore : le passage est-il l’espace sous l’arche de pierre, ou bien le temps qui s’en extirpe ?
Ou bien l’immuable condition humaine qui n’est que progression d’étapes en étapes, d’âge en âge, d’apprentissage en découverte, d’oubli en souvenirs ?
Le passage est-il frontière entre deux parties d’une ville, d’une personne, ou bien l’artère du cœur ?

Françoise Trubert, 6 mai 2020

Image partagée en défi d’écriture avec Mary et Gwenn
… ou qui veut s’en inspirer pour un fragment d’écriture