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Archive for the ‘Visites’ Category

Une visite amicale nous offert la belle occasion de découvrir le village percheron de La Perrière dans l’Orne, proche de Bellême.

 

Ce week-end là se tenait le 21ème Marché d’Art superbement organisé par les équipes de bénévoles du village (au passage un très grand coup de chapeau à eux pour tout le travail : de toute la logistique des tentes et autres lieux des expositions, accueil du public, des parkings etc.. un travail colossal dans la belle humeur).

 

Tout savoir sur ce Marché d’Art (et suivre la préparation de la prochaine édition), sur leur site : https://marchedart.com/ et page Facebook : https://www.facebook.com/marchedartlaperriere/

 

Je ne saurais relater ce marché, riche varié et animé, j’ai juste capturé au passage quelques éléments de la palette des couleurs du bâti traditionnel percheron abondamment présent et préservé dans ce village plein de charme.

 

Comme cela est bien décrit sur le site de présentation du village : https://laperriere.net/  , le bourg est construit sur un promontoire calcaire recouvert de sable où affleurent des pierres de roussard, du grès ferrugineux.

Les maisons sont bâtie avec les matériaux présents sur place : pierres, et sables qui iront habiller les façade de la palette de leurs couleurs naturelles. Les maisons riches seront parées de pierres calcaires taillées, d’autres de briques aux tons divers. Les bandeaux, encadrements, corniches et autres soubassements revêtent ainsi des teintes très variées, mais harmoniques.

Je vous laisse goûter la palette :

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L’apport des peintures sur les huisseries, souvent en camaïeux de bleus, verts, gris, … ou plus récemment de couleurs plus vives, apportent des identités spécifiques à chaque maison ou commerce. Cela pourrait donner lieu à jeu de piste…

 

Tiens, à propos de « pistes », j’aime bien aussi ce qui nous y guide : plaques de rues, enseignes, pancartes, panneaux d’indications routières anciennes :

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Si vous souhaitez retrouver plus avant ces fabuleuses couleurs du Perche, je vous recommande le splendide ouvrage :

Couleurs du Perche du photographe Stéphane Perera

Éditeur: Reflect-Alizari

A acheter dans toutes les bonnes librairies du Perche, ou commander à votre libraire !

 

 

PS : Il n’y a pas que des couleurs, il y a aussi des saveurs… qui se partagent et enchantent les papilles comme les cœurs. Aujourd’hui je ne citerai que le pain, mais quel pain !

 

Celui de Cécile et Thierry HERMELINE paysans-boulangers, producteurs de pain bio à la ferme La Grande Suardière : rien que cette merveille mérite le déplacement. Et le must : le partager en belle compagnie !

 

Nous avons eu le duo, que demander de plus ?

 

 

 

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Notre guide, Olivier Hernandez, nous avait donné rendez-vous vers 20 heures au Crotoy, à la Halle à poissons.

Un petit groupe d’environ huit personnes sont réunies autour de lui pour découvrir le peintre, l’environnement du Crotoy de son enfance (que le guide, Crotellois, connaît par cœur à tous points de vue), l’histoire de ses découvertes de la peinture… ses retours incessants dans cette baie qui aimante toute sa vie à la recherche de la lumière …
Lors des vacances familiales rituelles, dans cette Baie de Somme qu’il appellera plus tard « l’un des plus beaux lieux du monde« , le jeune Alfred fait la rencontre d’Albert Matignon (1860-1937).

Âgé d’une soixantaine d’années, l’homme venu de Paris est un artiste professionnel que l’on voit peindre par tous les temps, assis seul sur un pliant, absorbé par le paysage.
Blanche Manessier ose un jour lui montrer les aquarelles de son fils. Le peintre expérimenté encourage le jeune Alfred qui s’installe bientôt à ses côtés.

Les deux hommes peignent en silence, dans une complicité naissante. Manessier sent germer sa vocation profonde : « je serai peintre« , affirme-t-il alors.

 

« Matignon avait un petit pliant, une pipe, des bottes, des pantalons à carreaux, une veste et une casquette de chauffeur de taxi. On le voyait souvent au Crotoy, dans la Somme : il peignait le port, des paysages ; 60 à 70 pochades par mois. Il ne desserrait jamais les lèvres. (…)
Un jour – j’avais douze ans – ma mère a traversé les champs pour lui montrer quelques aquarelles.
Matignon m’a encouragé.
À quinze ans, j’étais assis à trois mètres de lui, au Crotoy.
J’avais un pliant, une pipe, des bottes, etc.
Je peignais : le port, des paysages. À l’huile, déjà. Taciturnes : on ne se disait rien.
»

Alfred Manessier


En admiration, nous aussi, de ce paysage et de ces lumières de fin de journée printanière si belle, nous nous laissons porter par le couchant :

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À la poursuite des lueurs sur le sable et les mini flaques de marée basse, reflétant les lumières, comme Manessier en a peint de si belles :

Lavis à l’encre de Chine. 1983

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Alfred Manessier pose devant ses aquarelles de galets.

En 1977, après le décès de sa mère, Alfred Manessier s’est installé pour l’été en famille au Crotoy.
Sur la plage, il collecte des galets et s’amuse à la peindre à l’échelle réelle. Un par jour. Il produira ainsi une soixantaine d’aquarelles figuratives cette fois, alors que l’essentiel de son oeuvre reste abstraite (bien que fortement imprégnée, inspirée du réel).

Alors, nous aussi, humblement nous avons cueilli sur la plage quelques galets :

Les heures se sont étirées douces alors que nous contemplions sans fin le couchant au bord du monde … et soudain le mascaret a surgit vers nous, remontant le chenal :

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Un très grand merci à notre guide Olivier Hernandez de nous avoir menés ainsi dans ces lieux, lumières et échos de peintures, de vie ….

 

Nous vous invitons vraiment à aller vivre cette belle expérience :

Son sitehttps://www.randonnee-baie-de-somme.com/

Le dépliant sur la sortie.

 

 

« Se promener en Baie de Somme à marée basse et aller vers la mer, c’est une promenade biblique.
Tout se met en ordre en soi…
On est en contact avec l’au-delà…
C’est une expérience intérieure.
J’ai eu cette chance de naître à côté de cette Baie de Somme.
Elle a eu une influence sous-jacente permanente dans tout ce que j’ai fait.
J’en suis ému.
Je pense que ça ira jusqu’au bout de mes jours en profondeur.
 »

Alfred Manessier (Extrait du film Les Offrandes d’Alfred Manessier de G. Raynal, 1992)

 

Derniers rayons sur la Baie de Somme. 1984-89

 

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L’un est français, peintre et chantre de cette baie qu’il n’a eu de cesse d’explorer et de magnifier dans son oeuvre. L’autre est photographe et vient de Séoul, en Corée du Sud.

 

Entre les deux, sans qu’ils ne se soient jamais rencontrés (Alfred Manessier est décédé en 1993) une passion et un émerveillement communs pour la Baie de Somme, pour sa lumière, cette fusion mystérieuse entre la terre et la mer, l’amplitude et la plénitude.

 

 

 

 

 

Alfred Manessier et Han Sungpil ont arpenté les paysages de cette baie à la beauté envoûtante, l’un muni de son carnet de croquis… ou nourrissant sa mémoire (il souvent peint à cette seule source) et l’autre de son appareil photographique, à la recherche des moindres variations de cette lumière, de l’infinie diversité de la vie dans cet immense sanctuaire naturel.

 

 

L’exposition qui bénéficie des amples espaces de l’abbaye Saint Riquier et de la blancheur de ses parois, offre un bel écho entre les peintures et les photographies de très grands formats, subtilement mis en regards.

 

aube et aurore sur les étangs hommage à Monet 1983

Aube et aurore sur les étangs hommage à Monet 1983 (80cm x 300cm)

 

On voyage dans un ailleurs sensible, dans des lumières impressionnistes.

 

Avec, éternels retours, la Baie de Somme comme source majeure d’inspiration :

Derniers rayons sur la baie de Somme 1984-89

Derniers rayons sur la baie de Somme 1984-89 (130cm x 130 cm)

 

Derniers rayons sur la baie de somme * détails *

 

Impressions douces et fortes à la fois à la rencontre de l’eau, du sable, des couleurs.

 

Souvenir de baie de somme 1979 (61cm x 38cm)

 

Nuit en baie de somme 1980 (114cm x 114cm)

 

Le vent et la dune 1956 (146cm x 89cm)

 

Morte eau 1954 (114cm x 114cm)

 

Le chenal du Hourdel 1970 (195cm x 114cm)

 

Marée basse étude 1982 (30cm x 30 cm)

 

Baie de somme étude 1979 (23 cm x 23cm)

 

Une incroyable série de très grands (format : 160cm x 120cm) lavis à l’encre de Chine sur papier, sur la thématique des sables  (1983) :

 

« Le sable, cette matière de fin du Minde où tout est aboli dans une pureté. »
Alfred Manesssier. Extrait d’une note 26 juillet 1992.

 

Sables lavis II

Sables lavis III

Sables lavis V

Sables lavis VI

 

Voir un monde dans un grain de sable
et un paradis dans une fleur sauvage
Tenir l’infinité dans la paume de ta main
Et l’éternité dans une heure.
                      William Blake. Auguries d’innocence. 1803

 

Superbement mis en valeur par l’espace d’exposition, le fabuleux triptyque  « ESPACES MARINS » de 1991, de très grand format 400cm x 200cm) :

Espace marin * variation I

Espace marin * variation II

Espace marin * variation III

 

« Ne jamais perdre de vue cet échange amoureux des ciels et des sables mouillés de la baie.
Y revenir sans cesse.
(Clé : tendre à une émotion toujours plus vive de cet espace marin). »
Alfred Manessier – Extrait d’une note du 21 mai 1991

 

La petite source nocturne 1983 (50cm x 73cm)

 

Si vous en avez la possibilité, je vous engage à aller vous aussi vous régaler de cette exposition à l’ABBAYE de SAINT RIQUIER

 

Horaires : du mardi au dimanche de 14h à 18h * L’exposition est prolongée jusqu’au 16 juillet 2017.

 

 

 

Suivez aussi la page FACEBOOK de l’Association Alfred Manessier

 

 

 

 

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Pendant 5 années, de 1988 à 1993, Alfred Manessier,  peintre picard très attaché à son fief et profondément imprégné des paysages de la baie de la Somme, a travaillé avec le vitrailliste Gérard Hermet à la réalisation de nouveaux vitraux pour l’Eglise Saint-Sépulcre d’Abbeville, à partir d’une commande de l’inspecteur général des monuments historiques.
Les vitraux avaient été détruits lors du bombardement de 1940.

 

Pour la réalisation de ces nouveaux vitraux Alfred Manessier a choisi le thème de la passion et de la résurrection.
Au total : 21 fenêtres et 8 oculis.

 

La verrière a été créée par l’atelier Lorin à Chartres.

La fin des travaux de pose a eu lieu peu avant le décès prématuré du peintre, deux mois seulement après l’inauguration.

Ces vitraux sont considérés comme un véritable testament de l’artiste.

 

Là, c’est vraiment le soleil qui chante, c’est la lumière qui chante, ce sont les nuages qui passent, qui vont faire… qui vont faire bouger le vitrail. C’est un objet extrêmement sensible qui va enregistrer toutes les lumières, qui va faire une addition. Là par exemple, j’ai des jaunes qui s’ajoutent aux bleus, qui donnent des verts. Il y a une infinité de possibles dans le vitrail. J’ai eu la chance de vivre encore et d’avoir encore assez bonne santé pour m’occuper de cet ouvrage. Je pense que dans trois ans, si Dieu me prête vie, je verrais la fin de l’ouvrage. Mais ça sera un peu comme mon testament.
Alfred Manessier

En cette fin mai,  avons eu la chance de pouvoir admirer cet ensemble très homogène dans une lumière superbe qui nous a permis de profiter du chatoiement des couleurs, de leur complémentarité subtile.

Nous vous laissons en juger :

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Voir aussi la VIDÉO 
(réalisée en 2013) « La belle histoire des vitraux Manessier à Abbeville« .

 

 

« Je vois beaucoup de spirituel dans la lumière de ce pays »
Alfred Manessier

Pour rester dans cette lumière subtile, nous sommes ensuite allées, depuis Ault et ses falaises de craie blanche,  contempler l’horizon marin en direction de l’ouverture de la Baie de Somme.

 

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L’exposition organisée par l’association (loi1901) les Amis du Prieuré d’Airaines présente diverses oeuvres d’Alfred Manessier.

  • L’œuvre lithographique de 1949 sur le thème de Pâques; thème qu’il reprend et développe en 1977-78, ensemble exposé avec les études préparatoires.
  • Les lithographies publiées en 1958 sur le thème des Cantiques spirituels de saint Jean de la Croix.
  • Les maquettes des vitraux de l’église du Saint-Sépulcre d’Abbeville.
  • La tapisserie Alléluia, tissée en 1968 par l’atelier Plasse-Le Caisne.
  • Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres, poème de Charles Péguy, calligraphié et illustré par Manessier en 1963-64.

BRÈVE BIOGRAPHIE

Alfred Manessier, né le 5 décembre 1911 à Saint-Ouen dans la Somme et mort le 1er août 1993 à Orléans, est un peintre non figuratif français, considéré comme un des maîtres de la Nouvelle École de Paris.

Profondément imprégné dès son enfance par les paysages et la lumière de la Baie de Somme1, il consacre de nombreuses toiles aux méandres et reflets du fleuve, au littoral picard, aux ports du Nord.

D’abord fortement influencé par Rembrandt dont un de ses oncles lui a offert une biographie, il est un élève studieux, apprécié de ses maîtres. Mais c’est en copiant les maîtres du Louvre qui ne cessent de l’émerveiller qu’il découvre l’importance de la couleur et de la lumière. Peu à peu, sa peinture évolue vers la construction et l’abstraction.

À partir de 1947, le vitrail occupe une grande partie de son œuvre.

 

En 1943, en compagnie de son ami Camille Bourniquel, Alfred Manessier effectue un séjour à la grande Trappe de Soligny, prenant part à la vie communautaire et aux offices des moines.
C’est à l’écoute du Salve Regina montant dans la nuit, que la foi le surprend :

«[…] Après trois jours et trois nuits, je suis sorti avec la foi, une foi qui ne m’a pas quitté. Voilà je ne l’ai pas cherchée, ça m’est tombé dessus. Ça m’a complètement transformé, et ça a transformé ma peinture. Ce qui est né en moi à ce moment, c’est essentiellement une espérance, qui m’a amené à une peinture qui ne parle que d’espérance, à travers les Passions.»

Alfred Manessier (entretien avec Pierre Encrevé mai 1974 extrait).

Cependant Alfred  Manessier s’est toujours défendu d’être un « peintre religieux ». Il déclarait en 1951 :

« Je ne crois pas à la peinture religieuse. C’est l’homme qui doit être religieux. j’établis une différence entre le sujet et l’objet. Ainsi, dans Corot, il y a un éclairage chrétiens, et c’est pour moi bien plus valable que toutes les peintures sur des thème religieux qui manquent de cette lumière de Corot »

Son abstraction devient une «méditation lyrique» sur le sacré.
Un art sacré non figuratif, signe d’allégresse, porteur d’espérance et de lumière.

 

À NOTER :
Du 20 mai au 1er Octobre à Maintenon : exposition, Alfred Manessier et l’atelier Plasse Le Caisne, Naissance d’une amitié, histoire d’une tapisserie.

 

 

 

POURQUOI ?

Pourquoi suivre le parcours d’Alfred Manessier ?

Jean Bazaine et Alfred Manessier

Il se trouve qu’un ami d’Alfred Manessier, Jean Bazaine, peintre, vitrailliste et mosaïste a résidé durant quelques années dans un maison de notre hameau du village de Saint Denis des Puits dans les années 1970.

En visite à la cathédrale de Chartres le 3 janvier 1975 pour voir la restauration du vitrail l’Arbre de Jessé, Alfred Manessier est catastrophé : il apprend qu’une pellicule de plastique aurait été tartinée sur les Sur les pas d’Alfred Manessier en Baie de Somme avec Olivier Hernandez et il constate que la patine semble avoir disparu29.
L’année suivante, le 10 mars 1976, avec Bazaine, il fonde l’« Association pour la Défense des Vitraux de France ».

 

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Jardin de Valloires

« Pour faire un jardin, il faut un bout de terre et l’éternité »

Gilles Clément (le paysagiste qui a coordonné [1] la conception des jardins depuis 1987)

 

 

 

 

Un lieu de paix et de beautés …

« Il fallait concevoir un jardin qui intégrerait la collection
botanique de Valloires, tout en respectant l’environnement sauvage et le caractère historique des lieux ».
Gilles Clément

 

Trois couleurs évoquent le passé de l’Abbaye :

  • Bleu pour l’eau, élément essentiel aux moines cisterciens comme au végétal.
  • Blanc pour l’aube des cisterciens souvent surnommés « moines blancs ».
  • Jaune pour le soleil et sa lumière indispensable à la vie végétale.

 

LE BLEU :

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LE BLANC : 

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Nous avons moins croisé de JAUNE… ce n’était pas l’époque la plus propice.

Mais nous nous sommes régalées de la variété des FEUILLAGES :

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des ÉCORCES : 

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et plus globalement de la variété de ce jardin :

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Un très beau moment hors du monde, ou plutôt au cœur du monde végétal !

 

 

[1] Les Jardins de Valloires sont nés en 1987, de la rencontre précieuse entre Jean-Louis Cousin, pépiniériste qui recherchait un lieu propice à la présentation de sa collection, Gilles Clément, paysagiste à la renommée internationale, et le Syndicat Mixte Baie de Somme- Grand Littoral Picard, gestionnaire du lieu.

 

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Au réveil, les cieux étaient au grand bleu lavé par la marée.

 

Pied hardi pour monter dans la barque et nous voici parties pour une longue glissade douce et calme (moteur électrique, commentaires paisibles du marin du bord qui nous conte son territoire d’eaux).

 

La lumière est belle et ondule en se mirant sur l’onde tantôt clinquante, tantôt plus discrète quand les branchages l’estompent.

 

Nous visitons les rieux palissés en bordures pour retenir la terre riche sur les dizaines d’îles : certaines restées ou redevenus sauvages, d’autres cultivées par quelques maraîchers, des « mon paradis », d’autres prétexte à libération des exubérances douces…

 

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Belles ondulations concentriques autour de notre barque à cornets, comme on appelle ici les barques plates dont les extrémités sont légèrement remontées… mais pas au point de se croire en gondole, loin de là !

 

Jeux d’ombres, couleurs plombées et irisées en alternance dans les ondulations…

 

Bel écho avec les peintures d’Alfred Manessier que nous irons découvrir dans les prochains jours dans deux expositions que j’ai repérées et lors d’une sortie guidée mercredi soir sur le sable de la baie.

 

C’est le royaume des oiseaux aquatiques : poules d’eau, canards, superbe grèbe huppé à peine effarouché…

 

 

La ville est si lointaine et à la fois toute proche alentours, la cathédrale dans une perspective, et le temps déposé sur les rivages depuis des siècles, comme ils remontent la vase des rieux pour consolider les rives des parcelles, depuis les gaulois…

 

Pour rejoindre la basse ville nous passons par ce que l’on appelle encore ici « le marché sur l’eau » où les maraîchers des hortillonnages venaient livrer leur production aux citadins directement en barques.

Aujourd’hui ils ne le font plus que les jours d’animations, et viennent en camionnettes comme les autres marchands, mais les produits sont beaux et variés.

 

Toujours dans la basse ville, dans ce quartier Saint Leu rénové il y a quelques décennies, nous découvrons … toujours par « hasard »[1], une petite librairie à laquelle nous accédons, par l’arrière, via une passerelle au-dessus d’un petit bras de la Somme. L’endroit, tenu pour l’heure par une dame un peu sorcière de la chose imprimée (libraire et éditrice), le lieu s’intitule : la librairie du labyrinthe. Quand on vous dit que le chemin des livres[2] est tortueux…. Mais on ne s’y perd pas, bien au contraire !

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Quittons, pour le moment, les livres et glissons en aval, suivant à peu de choses près le cours de la Somme… jusqu’à la mer.

Enfin, presque !

Quand nous sommes arrivées là où nous avions rendez-vous avec elle, à Saint Valéry, voilà ‘ti pas qu’elle était partie… au loin !

Nous arpentons quelques-unes des ruelles étroites qui descendent vers le port sur la Somme.
Un sentier nous mène au calvaire des marins : vue imprenable sur cette grande étendue libre.

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Quelle splendeur que cette baie, quasi vide à l’heure de cette marée basse, à part un grand troupeau de moutons de prés salés qui paissent sur les herbus.

L’espace semble infini, la lumière qui rase les mollières et les fonds sablonneux semble vibrer comme la chaleur sur une route goudronnée les jours de canicule.

Et pourtant la vision du Crotoy juste de l’autre côté de la Baie est bien distincte.

 

Revenant par la rue principale, une sculpture dans la vitrine d’une galerie d’art nous accroche : c’est bien une des « filles »[3] de la sculpteuse que nous aimons beaucoup et suivons régulièrement sur Facebook : Jurga.

 

Ses personnages sont tellement vivants et expressifs ! Ils ont sans doute beaucoup de choses à nous raconter. Mais ceci est une autre histoire !

 

 

"Je t'aime Un Peu Beaucoup"

« Je t’aime Un Peu Beaucoup »

 

 

[1] « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rencontres »
Paul Éluard

[2] Nous n’avons rapporté QUE trois livres en éditions de poche :
La bête faramineuse de Pierre Bergounioux ; Le Cœur des Confins de Cédric Gras et L’arche des Kerguelen de Jean-Paul Kauffmann.

[3] Celle de l’affiche s’appelle « Luce ».

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