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Archive for the ‘Visites’ Category

Green

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.

J’arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

Paul Verlaine
in « Romances sans paroles » (1874)

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… sur la route de La Neuville-aux-Haies… 22/08/2017.

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Dans les vieilles maisons ardennaises vous verrez souvent les murs de façade percés de petites fenêtres tout à fait inhabituelles dans les autres régions. Il s’agit des « beuquettes« .

Ces petites fenêtres ont pour la plupart la forme d’un œil de bœuf, mais à l’horizontal, parfois rondes… voire même en forme de cœur (nous en avons rencontré une dans l’ancienne école du hameau à une centaine de mètres de notre gîte).
Elles sont généralement taillées dans cette belle pierre de teinte jaune-ocre-blond de Dom-le-Mesnil (voir NOTE * en bas).
Elles sont le plus souvent posées au-dessus d’une pierre (taillée elle dans du schiste) composant l’évier, avec une rigole d’évacuation directe vers l’extérieur.
.
La beuquette permettait d’éclairer l’évier… mais aussi de regarder discrètement au dehors.
En patois ardennais, « beuquer » signifie épier.
.

Aujourd’hui la plupart d’entres elles ont perdu cette fonction utilitaire, certaines apportent encore un peu de lumière, d’autres ont été occultées par divers matériaux de façon plus ou moins esthétique.

Voici un échantillon des beuquettes que nous avons pu croiser dans le village de Hautes-Rivières (sur la Semoy) et son hameau de Linchamps (sur le ruisseau de Saint Jean).

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Aujoud’hui La #Beuquette est aussi une célèbre Chronique de Yanny Hureaux dans le journal L’Union-L’Ardennais.

 

NOTE 1 *
La pierre calcaire de Dom-le-Mesnil a un toucher gréseux, grumeleux et doux à la fois. C’est elle qui donne sa couleur orcre-jaune à de nombreux édifices ardennais, des maisons particulières aux monuments, en particuliers les pourtours des fenêtres et portes, comme par exemple sur la célèbre Place Ducale de Charleville, où elle s’allie aux divers tons de briques des murs.

Dom-le-Mesnil est un village en bord de Meuse entre Sedan et Charleville-Mézières. La pierre de Dom est extraite des carrières sur la rive gauche de la Meuse.
Je me souviens avoir exploré avec émerveillement une de ces grandes carrières souterraines, sorte de cathédrale troglodytique.

Beuquette du bâtiment de l'ancienne école de Linchamps (1822)

Beuquette du bâtiment de l’ancienne école de Linchamps (1822)

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Visite à la Bourdaisière

Bravant les menaces d’orage, nous sommes revenues pour une promenade dans les allées du jardin du Château de la Bourdaisière à quelques kilomètres de Montlouis sur Loire, une dizaine à l’est de Tours.

 

Le jardin clos de murs, outre les allées de roses, le quartier des plantes aromatiques, etc.. comporte surtout le Conservatoire national de la Tomate, une collection unique au monde qui rassemble 650 variétés de tomates.

 

 

 

Il a été créé en 1998 par le propriétaire Louis Albert de Broglie, alias « le Prince Jardinier » (qui a également racheté la célèbre maison Deyrolles).

 

 

 

 

Les alignements de dizaines de piquets qui servent à tuteurer toutes ces tomates ont d’étranges allures d’armées en mouvement.

Il faudrait revenir plus tard dans l’été pour contempler mieux l’immense variété des tomates qui, aujourd’hui commencent juste à fleurir pour les plus précoces.

De longue date l’arrosage du jardin (mais aussi l’alimentation en eau du château) a été facilitée grâce à l’installation d’une éolienne Bollée (cousine de celle de Courville-sur-Eure) et d’un château d’eau.

 

 

Quelques vues du jardin :

 

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Au-delà du premier mur derrière les serres anciennes deux créations originales encore :

Le Dahliacolor qui regroupe une immense collection de dahlias… mais là encore, mieux vaut revenir au-delà de la mi-août pour goûter la plénitude des floraisons…

Aujourd’hui le programme est surtout au désherbage et au paillage des planches.

 

Et puis, nous trouvons aussi le « Bar à tomates« …

 

Un table bien accueillante, non ?

 

 

 

 

 

 

 

Mais, l’orage approchant, nous préférons nous réfugier dans les anciennes écuries transformées en exposition sur les variétés de tomates et salon de thé :

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Mary semble avoir beaucoup souffert de la pause imposée par la pluie d’orage qui nous a poursuivies !

Sur le chemin du retour, en aval de Montlouis-sur-Loire, nous nous arrêtons pour contempler le fleuve depuis la Levée de Loire de la rive gauche.

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Comment s’en lasser ?

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Au gîte de la Colinière où nous séjournons en cette dernière semaine de juin, Gertrude et Cunégonde se baladent en toute liberté dans le jardin et le potager.

 

Elles vont, grattent, picorent, siestent, pondent tranquillement….

 

De temps à autre, elles passent nous rendre une petite visite.

 

 

 

Gertrude est la gentille poule blanche dont le plumage s’orne ici et là de quelques discrètes plumes sombres, presque noires.

 

Cunégonde est la jolie poule aux plumes avec des variantes de roux qui jettent des éclats de lumière quand elle gratte les feuilles sous les grands arbres.

 

Cunégonde la rousse pond des œufs de teinte pâle, proche de la crème vanillée (mais pas jaune)…

 

 

 

Gertrude la blanche, pond des œufs de couleur plus soutenue s’approchant du caramel.

 

Le prénom médiéval Cunégonde  est issu du germanique kühn, audacieux, et gund, le combat, signifie  » celle qui ne craint rien « . Cela lui va bien, elle est sereine et ne semble pas craindre la vie…

Des magazines qui se targuent de nous révéler « tout » sur les caractères et devenir des unes et des autres rien qu’à cause du prénom qu’on porte ou du sens du vent le lendemain de la veille du jour où….  prétendent à propos de son caractère que Cunégonde est délicieusement timide. Fille discrète et réservée, elle possède un charme fou.  Il faut bien avouer que ce n’est pas complètement faux de première apparence (je ne la connais pas encore assez personnellement).

 

Quant au prénom de Gertrude, il vient du germain « gari et trud » Signifie : « lance et fidèle »….  Je ne sais trop quoi en conclure pour notre poule visiteuse.

 

Mais son prénom m’évoque déjà de grandes dames d’arts distincts, mais aussi remarquables que Gertrude Stein (poétesse, écrivaine, dramaturge et féministe américaine)

et

la paysagiste anglaise Gertrude Jekyll

 

 

 

 

Et aujourd’hui, pour nous Gertrude Jekyll est aussi notre rosier anglais (de chez David Austin) préféré !

 

 

 

 

Je ne sais pas s’il existe un rosier prénommé Cunégonde…

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Une visite amicale nous offert la belle occasion de découvrir le village percheron de La Perrière dans l’Orne, proche de Bellême.

 

Ce week-end là se tenait le 21ème Marché d’Art superbement organisé par les équipes de bénévoles du village (au passage un très grand coup de chapeau à eux pour tout le travail : de toute la logistique des tentes et autres lieux des expositions, accueil du public, des parkings etc.. un travail colossal dans la belle humeur).

 

Tout savoir sur ce Marché d’Art (et suivre la préparation de la prochaine édition), sur leur site : https://marchedart.com/ et page Facebook : https://www.facebook.com/marchedartlaperriere/

 

Je ne saurais relater ce marché, riche varié et animé, j’ai juste capturé au passage quelques éléments de la palette des couleurs du bâti traditionnel percheron abondamment présent et préservé dans ce village plein de charme.

 

Comme cela est bien décrit sur le site de présentation du village : https://laperriere.net/  , le bourg est construit sur un promontoire calcaire recouvert de sable où affleurent des pierres de roussard, du grès ferrugineux.

Les maisons sont bâtie avec les matériaux présents sur place : pierres, et sables qui iront habiller les façade de la palette de leurs couleurs naturelles. Les maisons riches seront parées de pierres calcaires taillées, d’autres de briques aux tons divers. Les bandeaux, encadrements, corniches et autres soubassements revêtent ainsi des teintes très variées, mais harmoniques.

Je vous laisse goûter la palette :

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L’apport des peintures sur les huisseries, souvent en camaïeux de bleus, verts, gris, … ou plus récemment de couleurs plus vives, apportent des identités spécifiques à chaque maison ou commerce. Cela pourrait donner lieu à jeu de piste…

 

Tiens, à propos de « pistes », j’aime bien aussi ce qui nous y guide : plaques de rues, enseignes, pancartes, panneaux d’indications routières anciennes :

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Si vous souhaitez retrouver plus avant ces fabuleuses couleurs du Perche, je vous recommande le splendide ouvrage :

Couleurs du Perche du photographe Stéphane Perera

Éditeur: Reflect-Alizari

A acheter dans toutes les bonnes librairies du Perche, ou commander à votre libraire !

 

 

PS : Il n’y a pas que des couleurs, il y a aussi des saveurs… qui se partagent et enchantent les papilles comme les cœurs. Aujourd’hui je ne citerai que le pain, mais quel pain !

 

Celui de Cécile et Thierry HERMELINE paysans-boulangers, producteurs de pain bio à la ferme La Grande Suardière : rien que cette merveille mérite le déplacement. Et le must : le partager en belle compagnie !

 

Nous avons eu le duo, que demander de plus ?

 

 

 

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Notre guide, Olivier Hernandez, nous avait donné rendez-vous vers 20 heures au Crotoy, à la Halle à poissons.

Un petit groupe d’environ huit personnes sont réunies autour de lui pour découvrir le peintre, l’environnement du Crotoy de son enfance (que le guide, Crotellois, connaît par cœur à tous points de vue), l’histoire de ses découvertes de la peinture… ses retours incessants dans cette baie qui aimante toute sa vie à la recherche de la lumière …
Lors des vacances familiales rituelles, dans cette Baie de Somme qu’il appellera plus tard « l’un des plus beaux lieux du monde« , le jeune Alfred fait la rencontre d’Albert Matignon (1860-1937).

Âgé d’une soixantaine d’années, l’homme venu de Paris est un artiste professionnel que l’on voit peindre par tous les temps, assis seul sur un pliant, absorbé par le paysage.
Blanche Manessier ose un jour lui montrer les aquarelles de son fils. Le peintre expérimenté encourage le jeune Alfred qui s’installe bientôt à ses côtés.

Les deux hommes peignent en silence, dans une complicité naissante. Manessier sent germer sa vocation profonde : « je serai peintre« , affirme-t-il alors.

 

« Matignon avait un petit pliant, une pipe, des bottes, des pantalons à carreaux, une veste et une casquette de chauffeur de taxi. On le voyait souvent au Crotoy, dans la Somme : il peignait le port, des paysages ; 60 à 70 pochades par mois. Il ne desserrait jamais les lèvres. (…)
Un jour – j’avais douze ans – ma mère a traversé les champs pour lui montrer quelques aquarelles.
Matignon m’a encouragé.
À quinze ans, j’étais assis à trois mètres de lui, au Crotoy.
J’avais un pliant, une pipe, des bottes, etc.
Je peignais : le port, des paysages. À l’huile, déjà. Taciturnes : on ne se disait rien.
»

Alfred Manessier


En admiration, nous aussi, de ce paysage et de ces lumières de fin de journée printanière si belle, nous nous laissons porter par le couchant :

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À la poursuite des lueurs sur le sable et les mini flaques de marée basse, reflétant les lumières, comme Manessier en a peint de si belles :

Lavis à l’encre de Chine. 1983

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Alfred Manessier pose devant ses aquarelles de galets.

En 1977, après le décès de sa mère, Alfred Manessier s’est installé pour l’été en famille au Crotoy.
Sur la plage, il collecte des galets et s’amuse à la peindre à l’échelle réelle. Un par jour. Il produira ainsi une soixantaine d’aquarelles figuratives cette fois, alors que l’essentiel de son oeuvre reste abstraite (bien que fortement imprégnée, inspirée du réel).

Alors, nous aussi, humblement nous avons cueilli sur la plage quelques galets :

Les heures se sont étirées douces alors que nous contemplions sans fin le couchant au bord du monde … et soudain le mascaret a surgit vers nous, remontant le chenal :

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Un très grand merci à notre guide Olivier Hernandez de nous avoir menés ainsi dans ces lieux, lumières et échos de peintures, de vie ….

 

Nous vous invitons vraiment à aller vivre cette belle expérience :

Son sitehttps://www.randonnee-baie-de-somme.com/

Le dépliant sur la sortie.

 

 

« Se promener en Baie de Somme à marée basse et aller vers la mer, c’est une promenade biblique.
Tout se met en ordre en soi…
On est en contact avec l’au-delà…
C’est une expérience intérieure.
J’ai eu cette chance de naître à côté de cette Baie de Somme.
Elle a eu une influence sous-jacente permanente dans tout ce que j’ai fait.
J’en suis ému.
Je pense que ça ira jusqu’au bout de mes jours en profondeur.
 »

Alfred Manessier (Extrait du film Les Offrandes d’Alfred Manessier de G. Raynal, 1992)

 

Derniers rayons sur la Baie de Somme. 1984-89

 

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L’un est français, peintre et chantre de cette baie qu’il n’a eu de cesse d’explorer et de magnifier dans son oeuvre. L’autre est photographe et vient de Séoul, en Corée du Sud.

 

Entre les deux, sans qu’ils ne se soient jamais rencontrés (Alfred Manessier est décédé en 1993) une passion et un émerveillement communs pour la Baie de Somme, pour sa lumière, cette fusion mystérieuse entre la terre et la mer, l’amplitude et la plénitude.

 

 

 

 

 

Alfred Manessier et Han Sungpil ont arpenté les paysages de cette baie à la beauté envoûtante, l’un muni de son carnet de croquis… ou nourrissant sa mémoire (il souvent peint à cette seule source) et l’autre de son appareil photographique, à la recherche des moindres variations de cette lumière, de l’infinie diversité de la vie dans cet immense sanctuaire naturel.

 

 

L’exposition qui bénéficie des amples espaces de l’abbaye Saint Riquier et de la blancheur de ses parois, offre un bel écho entre les peintures et les photographies de très grands formats, subtilement mis en regards.

 

aube et aurore sur les étangs hommage à Monet 1983

Aube et aurore sur les étangs hommage à Monet 1983 (80cm x 300cm)

 

On voyage dans un ailleurs sensible, dans des lumières impressionnistes.

 

Avec, éternels retours, la Baie de Somme comme source majeure d’inspiration :

Derniers rayons sur la baie de Somme 1984-89

Derniers rayons sur la baie de Somme 1984-89 (130cm x 130 cm)

 

Derniers rayons sur la baie de somme * détails *

 

Impressions douces et fortes à la fois à la rencontre de l’eau, du sable, des couleurs.

 

Souvenir de baie de somme 1979 (61cm x 38cm)

 

Nuit en baie de somme 1980 (114cm x 114cm)

 

Le vent et la dune 1956 (146cm x 89cm)

 

Morte eau 1954 (114cm x 114cm)

 

Le chenal du Hourdel 1970 (195cm x 114cm)

 

Marée basse étude 1982 (30cm x 30 cm)

 

Baie de somme étude 1979 (23 cm x 23cm)

 

Une incroyable série de très grands (format : 160cm x 120cm) lavis à l’encre de Chine sur papier, sur la thématique des sables  (1983) :

 

« Le sable, cette matière de fin du Minde où tout est aboli dans une pureté. »
Alfred Manesssier. Extrait d’une note 26 juillet 1992.

 

Sables lavis II

Sables lavis III

Sables lavis V

Sables lavis VI

 

Voir un monde dans un grain de sable
et un paradis dans une fleur sauvage
Tenir l’infinité dans la paume de ta main
Et l’éternité dans une heure.
                      William Blake. Auguries d’innocence. 1803

 

Superbement mis en valeur par l’espace d’exposition, le fabuleux triptyque  « ESPACES MARINS » de 1991, de très grand format 400cm x 200cm) :

Espace marin * variation I

Espace marin * variation II

Espace marin * variation III

 

« Ne jamais perdre de vue cet échange amoureux des ciels et des sables mouillés de la baie.
Y revenir sans cesse.
(Clé : tendre à une émotion toujours plus vive de cet espace marin). »
Alfred Manessier – Extrait d’une note du 21 mai 1991

 

La petite source nocturne 1983 (50cm x 73cm)

 

Si vous en avez la possibilité, je vous engage à aller vous aussi vous régaler de cette exposition à l’ABBAYE de SAINT RIQUIER

 

Horaires : du mardi au dimanche de 14h à 18h * L’exposition est prolongée jusqu’au 16 juillet 2017.

 

 

 

Suivez aussi la page FACEBOOK de l’Association Alfred Manessier

 

 

 

 

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