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Archive for the ‘Visites’ Category

Nous sommes venues pour découvrir cette belle nature ardennaise entre rivières et forêts, vallons et sentiers. Il est vrai que l’Ardenne est belle de sa nature très présente ici dans tout le nord du département, dans les vallées et le plateau.
Nous parcourons les méandres, des chemins boisées, des rues où les gens sont sympathiques, parfois bavards à raconter, expliquer… quand nous photographions les beuquettes de pierre ocre par exemple.

Mais, dès que surgissent les déchirures de brumes du bas du ravin de l’Ours on songe aux nappes humides et froides qui vont déferler, peu après l’équinoxe, en longs rubans qui ne desserreront plus leur étreinte avant le printemps bien avancé. J’en ai  » les os humides  » comme l’écrivait Garcia Marques .
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Marchant dans l’unique ruelle du hameau qui s’étire entre l’ancien bas-fourneau ruiné depuis des décennies et la route qui monte vers la frontière , dès que le soleil de fin de journée d’août commence à raser les crêtes de la forêt, nous humons, avant que de la percevoir, la première fumée de bois. Les habitués ne doivent s’en départir que lors des très rares jours de pire canicule, comme on boit sans fin du mauvais café délavé avant de s’endormir. Autrefois il fallait bien garder la cuisinière-poêle (Deville, forcément ici) allumée pour le café et la cuisine. Sage précaution séculaire.
On songe vite à l’odeur de fumée inscrite dans les maisons, à l’âcreté de la suie, à l’enfermement autour du feu, à l’esclavage de ces cloutiers qui battaient leur pauvre fer pour faire survivre misérablement leur famille dans des exhalaisons tenaces.
La lumière étant avare, l’animation dans les rues du village sans doute si rare pendant une grande partie de l’année qu’il fallait bien des beuquettes comme hublots sur la moindre vie extérieure !

Pourquoi ce beau pays semble-t-il autant empreint d’une gangue immuable comme d’un destin tragique irréversible ?
Je pense à cette pancarte que l’on a jugé bon de placer sur le vieux pont de béton qui enjambe l’Aisne boueuse en plein cœur de la ville sous-préfecture de Rethel un panneau édifiant : « L’Aisne, passage des invasions : 1411, 1543, 1650, 1814, 1870, 1914, 1940  »
De façon similaire j’ai pu constater que dans les dépliants touristiques officiels, par exemple la ville de Haybes se décrit d’abord comme une ville martyre ! Et ce ne doit pas être la seule.
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Le nom de la contrée est hérité de celui de la déesse celte Arduinna et évoque la chasse et les bois. Bois sombres, domaine réservé d’Artémis/Diane donc, sous le signe de la lune … annonciatrice du long manque de lumière et de chaleur ? Déesse de la chasse, de la mort plus que protectrice. Belle mais terrible !
Le pays est aussi largement placé sous le signe de sombres légendes héritées tantôt des celtes, de récits guerriers des longs temps moyenâgeux aux dates incertaines … faits de coups d’épée, de chutes brutales du haut de terribles rochers, de femmes figées dans l’attente ou le châtiment, de destructions à cause du diable ou de son peuple esclave.

Le déroulé des vallées, celle de la Meuse, de la Semoy me font songer à un double collier, avec comme perles des séries de villages, petites villes. Mais les perles, si belles aperçues depuis les crêtes, dans les délicats enroulements des eaux, si on les observe mieux, ressemblent surtout à des perles cariées, avec des quartiers plombés par les usines désaffectées, les maisons abandonnées, les ruelles grises. Parfois, là ou quelque petite industrie a pu subsister miraculeusement et d’un coup succombe à son tour, un temps qui s’étire en éternités de luttes vaines, un nouvel abcès s’enflamme, bref, mais prélude à si longues et lentes douleurs. Sinistrées depuis des décennies, depuis des générations maintenant !
Ici, au-delà de la prochaine boucle du fleuve ou de la rivière, pas de vue, pas d’horizon. Les courbes des vallées sont arrondies, mais trop encaissées pour laisser voir loin. Une bonne partie de l’année, le ciel est occulté sous un couvercle nuageux.
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Dans les villages la plupart des maisons sont bâties avec cette pierre de schiste sombre, couvertes d’ardoise aux teintes mauve profond à noir, certaines façades les plus exposées à la pluie sont également habillées d’ardoise. Les successions de forges, fonderies, usines abandonnées ont laissé comme une lèpre de ferrailles arrachées, rouillées. Les cités ouvrières peu à peu désertées sont en partie abandonnées ou habitées par les plus pauvres de génération en génération. Même les pancartes « maison à vendre » sont délabrées : qui viendrait acheter un lieu de vie ici ?
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Dans le moindre village les entreprises closes, les usines de boulots, les forges du XIXème…. ont laissé sur le paysage comme une vérole sur un visage. Dans certains bourgs, comme Nouzonville c’est une grosse bolée d’acide qui a été jeté irrémédiablement en plein face de la destinée des ouvriers. Le fil du fleuve en est défiguré à jamais. Pourtant les gens qui ont peiné là, ont vécu là, depuis des générations luttent âprement pour leur survie pour leur travail et leur dignité. Quel courage, quelle persévérance. Mais quelles vaines luttes la plupart du temps !
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Tout au bout, je veux dire en sa partie la plus en aval, avant la pointe extrême du département, la Meuse surgit dans le méandre de Chooz, verdoyant, ample. Avec, au cœur de sa belle courbe souple les deux réfrigérants de la centrale nucléaire dont le réacteur est bâti dans les installations souterraines creusées par les allemands pendant la seconde guerre mondiale. Belle paternité ! Mais la mairie de Chooz est sans doute, proportionnellement au nombre d’habitants la plus riche, qui se proclame « Chooz ville numérique !  » tant la manne économique a offert ses subventions et moyens pour les modernismes, un ilot de technologies gratuites !
Et pourtant je ne peux voir le lieu que comme une mythologique tarentule tapie, attendant recluse, discrète et silencieuse, son heure terrible. On n’en perçoit distinctement que les vapeurs des réfrigérants au-dessus des crêtes boisées. Mais de son corps se filent, immense toile d’araignée, des lignes électriques.
Pour nous éclairer, alimenter les ordinateurs, nous chauffer, certes… quand ce n’est pas au bois le plus souvent ici.

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Les tas de bois, justement, Mary les admire tant dans leurs beaux alignements.
Dans les villages, les hameaux on en voit partout sur plusieurs rangées, en longues piles soignées, devant et derrière presque chaque maison. Le matériau est accessible à proximité et sans doute à coût raisonnable quand il faut chauffer beaucoup et longtemps. Mais, ils me paraissent avant tout les présages de la longue saison post estivale qui va s’étirer individuellement dans les maisons (celles encore occupées), symboles des longs renfermements chez soi, dans la solitude domestique, à côté, plus qu’avec. Aujourd’hui, comme depuis des décennies, ne restera pour traverser la pluie, le froid et le manque de lumière à venir, que le hublot de la télévision.
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Souhaitons aux braves gens d’Ardennes une incomparable force de résilience, récompense de leur amour de ce pays si rude et excentré, des futurs avec vue sur l’avenir !

Linchamps, 24 août 2017.

 

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Collège Arthur Rimbaud

À Charleville et alentours on ne peut guère échapper à la célébration d’Arthur Rimbaud… quand ce n’est pas à une certaine récupération visuelle.
On le met un peu (pas tant que ça finalement, on eut pu craindre bien pire…) à toutes les sauces…
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Quand il s’agit de lieux culturels : musée, maison d’enfance, médiathèque, rayons de librairie (librairie Rimbaud bien-sûr !), fresques sur les murs de la ville, collège, maison natale, … passe, mais d’autres échoppes usent de l’image tout autant : boulanger, coiffeur, marchand de vapo-fumette, t-shirt (ex soixante-huit-tard ?), etc.
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Je vous en livre quelques images :

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Mais je dois bien vous avouer que mon préféré,
c’est le jeune Rimbaud de demain, qui dans une salle du musée recopiait avec passion le poème « Ma Bohème » :

 

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Mary et les Nutons

Quand je lui ai raconté que les forêts d’Ardenne étaient habitées par tout un peuple de nutons, Mary n’a pas de suite compris de quoi il retournait.
Il faut dire que dans sa Normandie natale il n’y a pas de nutons, seuls y vivent de banals lutins cueilleurs de pommes et buveurs de cidre. Les nutons ne se sont révélés que dans les contrées d’Ardenne entre vallées de Meuse et de Semoy-s.
Comme je présage que vous êtes nombreux à les méconnaitre encore, je veux vous présenter quelques-uns de ceux que nous avons croisés ces derniers jours, notamment sur le chemin de La Neuville-aux-Haies, près du Ravin de l’Ours…
Ils vivent sous des replis de roche, entre les racines des grands chênes aux troncs moussus, ou ceux des hêtres au tronc si haut et lisse… près des ruches de la maison forestière…
Mais ils sont un peu, comment dirais-je, non pas timides, mais réservés. C’est cela sur la réserve. Ils ont leur vie propre, secrète et n’ont pas ces comportements de tropéziens sur la plage ou parisiens sur les Champs (Elysées) à parader, s’exhiber. Ils mènent une vie retirée et restent pudiques, mais deviennent vite bavards s’ils se laissent apprivoiser (un « truc » qu’ils ont appris des renards nombreux dans la contrée « se laisser apprivoiser »).
Je vous en présente quelques-uns donc qui ont même accepté de se laisser photographier… parce que je suis ardennaise et que Mary est conteuse… c’est dire s’ils ne sont pas outre mesure farouches pour peu qu’on les respecte et les écoute.

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Le premier à venir nous saluer fut Elfistroptix. Il est un peu sorcier. Il est très très âgé et a donc connu les druides des temps celtiques de la contrée qui s’appelait alors Arduinna. Comme il aime les bandes dessinées, son patronyme a pris un drôle d’accent pour un nuton. Mais chacun choisit de s’appeler comme il veut, n’est-ce pas ?

Puis vint Taptapgong. Ne vous fiez pas à son air revêche, il est drôlement sympa. D’ailleurs c’est un artiste. Nous l’avons croisé alors qu’il frappait sur un tronc creux avec son maillet. Tout d’abord nous n’avons pas compris, puis, nous avons entendu, près de là un pic noir qui rythmait à tout va tout en haut d’un vieux chêne bien mal en point. Taptapgong nous a expliqué qu’ils préparent un duo pour les fêtes de l’équinoxe prochaine.

 

Pas loin de là nous attendait Visitor, un nuton versé dans la fonction de « greeter ». Il voulait nous faire visiter sa grotte dont l’entrée est située sous une souche de chêne abattu il y a deux ans, après une tempête terrible. Nous aurions bien voulu explorer un tel lieu secret… mais notre taille !

Tandis que Mary commençait à souffrir d’hypoglycémie à cause de la rude montée vers le plateau, nous entendîmes une voix fluette qui appelait. « Veux-tu que je te distille un breuvage qui t’aidera à retrouver ton équilibre et de l’énergie ? ». Interloquées nous cherchions d’où venait cette voix étrange et douce. Tout d’abord nous ne vîmes rien ni personne, à cause de l’ombre. Puis nous pûmes la distinguer plus nettement. Il faut dire qu’avec son splendide costume vert velours aussi perlé que la mousse au petit matin elle se distinguait mal de son environnement. Nous la vîmes alors bouger doucement, comme une danseuse, émettant comme un son de tous petits grelots quand elle agitait la tête et sa longue coiffe habillée de perles cristallines.
Je m’appelle Fougèria, je suis une nutonne apothicaire des herbes et des fruits de la forêt. Bois cette préparation tu iras mieux bientôt !

Pas très loin sur le chemin, alors que Mary se sentait effectivement bien mieux, surgirent des taillis deux rires enfantins. « Nous sommes Feuilline et Rigolius ! Nous adorons faire des blagues, ça nous fait rire, et nous avons pour fonction d’offrir de la joie de vivre aux bûcherons qui travaillent dur dans cette forêt. Vous avez des histoires drôles à nous raconter ? ça renouvellerait notre inspiration !  »
Nous commençâmes alors un concours d’histoires qui nous amusèrent un bon moment, mais nous dûmes les quitter car nous étions loin du hameau encore.

« Nous aussi nous connaissons plein d’histoire dansa en riant Puffina autour de nous. Elle avait un air facétieux avec ses deux couettes orange dressées comme des antennes sur la tête. Tiens-toi un peu plus calme et discrète lui demanda sa petite sœur Feuillantine.  » Et elles disparurent en un éclair et un dernier écho de rire derrière un rocher moussu.

« Décidément les jeunes nutons manquent bien de retenue de nos jours. A mon époque nous étions bien plus discrets. » grommela Quercus vêtu d’un manteau de vieille écorce et coiffé de feuilles pédonculées. « Tu as raison » compléta Archominus, un tout petit nuton à la barbe blanche qui avait l’air très très vieux. « Mais il faut bien que la forêt ne s’endorme pas sous un manteau de mousse automnale. Les rires aident à secouer les gouttes de pluie du bout des branches. »

« Attention devant ! « cria Speediglandus perché sur son escargot à réaction Dragondus. Un courant d’air subit venait de nous faire frissonner… Il freina juste le temps de nous saluer… et moi de les photographier, et ils étaient déjà repartis.

Une chansonnette douce monta de derrière un champignon jaune quand nous vîmes surgir une nutonne habillée d’une étrange façon, toute colorée… Nous la saluâmes, mais elle ne répondit pas. Il faut dire que son drôle de bonnet englobait tellement ses oreilles qu’elle devait ne rien entendre… Elle avait dû abuser du voisinage de Taptapgong. Ainsi nous ne sûmes pas son nom. Entre nous nous lui avons octroyé le surnom d’Iris.

« Il faut que tu comprennes bien la philosophie nutonne mon cher Trollpical.  » … le vénérable sage nuton Professorius expliquait à un jeune troll en vacances dans la région les particularités du mode de vie elfique ardennaise. Le jeune troll écoutait la leçon avec attention et nous fumes heureuses de profiter de ce cours fort instructif.

Nous nous retournâmes peu après en entendant un curieux babillage. Nous étions devant une garderie de jeunes nutons… Comme ce jour-là il faisait très chaud (littéralement la canicule en cette contrée d’Ardenne), de jeunes nutons s’égaillaient sur la mousse en faisant des pirouettes, grimaces et glissades. Une voix venue de sous un rocher les réprimanda et ils rentrèrent vite se cacher.

« Oh lala !  Il ne faudra rien dire, ne rien raconter de tout cela, de ce que vous avez vu à propos de notre peuple ! » se mirent à réclamer avec insistance les trois sages barbus !

Alors, Chers lecteurs et lectrices, vous qui désormais connaissez un peu mieux le peuple des nutons, sachez les apprécier, les respecter et aussi être discrets sur tout cela !

 

NOTA : les exceptionnelles photographies de nutons ont pu être réalisées
grâce  à une technologie PHTSHP
à partir d’images subliminales capturées sur le ouaièbe,
sur des décors naturels que nous avons vraiment rencontrés en forêt d’Ardenne !

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Un balcon en forêt

En préparant notre visite en Ardennes, admiratrices de l’oeuvre de l’écrivain Julien Gracq (nous avions visité sa maison à Saint Florent-le-Vieil  il y a deux ans déjà), nous ne pouvions manquer de venir humer cet horizon qui l’a inspiré pour son roman « Un balcon en forêt » dont le récit se déroule en 1939 et 1940.

Il s’est inspiré de la région de la Meuse ardennaise de façon globale, mais plus particulièrement les abords de Monthermé et cette Maison forte de Saint Menges (située juste au nord de Sedan, et mitoyenne avec la frontière belge, en pleine forêt).

LA MAISON FORTE DE SAINT MENGES
(présentation sur le panneau d’information installé sur l’esplanade)

Bousculant tout sur leur passage depuis leur offensive générale du 10 mai 1940, les forces allemandes entrent dans Bouillon dès le lendemain et continuent sans désemparer leur « Blotzkrieg » en fonçant vers l’ouest, c’est-à-dire vers la Meuse, afin de réussir leur stratégie du « Sichelschnitt » (coup de faux) jusqu’à Dunkerque.

Le 12 mai à l’aube, trois Divisions du 19ème Panzerkorps, commandé par le général Güderian franchissent à gué la Semois dont les eaux sont très basses, principalement à Mouzaive : la 1ère Panzer division avait pour mission d’atteindre rapidement la Meuse à FLoing en passant par Saint Menges, la 2ème de se diriger vers DOnchery et la 10èe d’entrer dans Sedan par le Fond de Givonne, route classique des invasions germaniques, et de poursuivre jusqu’à Balain et Bazeilles.

Quelques maisons construites tardivement, à la veille des hostilités, le long de la frontière belge, au nord du pays sedanais, ne sont fortes que de nom et ne peuvent que retarder brièvement l’avance inexorable de ce torrent mécanique.

Le lieutenant Boulanger et ses quatre hommes de la 10ème Batterie antichar du 78ème Régiment d’artillerie chargés de la défense de la maison forte de Saint Menges ouvrent le feu sur les premiers chars ennemis au débouché de la forêt, en faisant le sacrifice de leur vie et résistent héroïquement jusqu’au bout, comme le feront quelques semaines plus tard leurs 100 camarades du fort de la Ferté, le dernier de la ligne Maginot vers l’ouest.

Dans l’après-midi, les Panzers pénétraient dans la cour de l’usine de l’Espérance à Gaulier, pendant que la 10ème Panzerdivision envahissait le centre de Sedan vide d’habitants.

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LE ROMAN DE JULIEN GRACQ « Un balcon en forêt » 1958

Résumé

À l’automne 1939, l’aspirant Grange rejoint dans l’Ardenne son lieu d’affectation, une maison forte située dans la forêt, près du village de Moriarmé. Alors que la présence de la guerre ne se manifeste guère que sous la forme d’une menace abstraite et vague, Grange passe ses journées entre la forêt, la maison forte, le village, et bientôt la maison de Mona, une jeune femme qu’il a rencontrée dans les bois et dont il est devenu l’amant. L’espace et le temps semblent peu à peu se déréaliser et le monde acquérir pour Grange une tonalité poético-onirique de plus en plus marquée.

Le 10 mai 1940, les Allemands lancent leur offensive dans les Ardennes. Mona s’en va en même temps que les autres habitants de Moriarmé. Resté seul avec trois soldats sous ses ordres, Grange est blessé lors de l’attaque de la maison forte. Après avoir erré dans la forêt, il retourne au village maintenant désert, et va s’étendre sur le lit de Mona.

LIRE PLUS sur le site de l’éditeur José Corti

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LIRE UN EXTRAIT

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LE FILM de Michel Mitrani 1978

(Extrait de la présentation du film sur le site ina.fr par Alexandra Bomhard)
Un balcon en forêt se déroule pendant la «drôle de guerre».
Le lieutenant Grange, interprété par Humbert Balsan, est affecté au commandement d’une maison forte, sur le front des Ardennes. Il est chargé d’observer les Allemands afin de prévenir une éventuelle attaque ennemie.
Débute alors une longue attente, hors du temps et hors du monde, brièvement interrompue par sa rencontre avec Mona (Aïna Wallé) qui deviendra sa compagne amoureuse.
C’est dans la forêt que se déroule la première rencontre de Grange et de Mona. Cet espace lisière est un lieu ambigu, caractéristique de l’univers de Julien Gracq. Cet « entre-deux spatial et temporel», à la fois clos et frontalier (Hubert Haddad, Julien Gracq, La Forme d’une vie, Zulma, 2004, p. 184), est comparable à la forteresse du Rivage des Syrtes ou à l’hôtel du Beau ténébreux.
Fidèle en cela au roman originel, l’adaptation de Mitrani donne l’impression que Mona émane de la forêt. Elle en est un prolongement mystérieux, oscillant entre la spontanéité de l’enfance (par sa silhouette, ses bottes en caoutchouc ou ses mouvements juvéniles – elle joue à la marelle dans les flaques d’eau – ) et la séduction assumée (Mona baise la main du soldat).
Les plans d’ensemble plongent le spectateur dans une forêt humide, brumeuse, presque sensuelle. La puissance symbolique de la forêt fait aussi ressurgir l’univers des contes.
Avec son capuchon, Mona ne peut manquer de nous rappeler le Petit Chaperon rouge, à ceci près que sa pèlerine, noire, couleur de deuil (Mona est une jeune veuve), rappelle subrepticement que l’expérience de l’amour à venir est indissociable de la mort.

VOIR UN EXTRAIT

 

Mais, surtout lisez le livre de Julien Gracq !

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Green

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.

J’arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

Paul Verlaine
in « Romances sans paroles » (1874)

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… sur la route de La Neuville-aux-Haies… 22/08/2017.

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Mille et une beuquettes

Dans les vieilles maisons ardennaises vous verrez souvent les murs de façade percés de petites fenêtres tout à fait inhabituelles dans les autres régions. Il s’agit des « beuquettes« .

Ces petites fenêtres ont pour la plupart la forme d’un œil de bœuf, mais à l’horizontal, parfois rondes… voire même en forme de cœur (nous en avons rencontré une dans l’ancienne école du hameau à une centaine de mètres de notre gîte).
Elles sont généralement taillées dans cette belle pierre de teinte jaune-ocre-blond de Dom-le-Mesnil (voir NOTE * en bas).
Elles sont le plus souvent posées au-dessus d’une pierre (taillée elle dans du schiste) composant l’évier, avec une rigole d’évacuation directe vers l’extérieur.
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La beuquette permettait d’éclairer l’évier… mais aussi de regarder discrètement au dehors.
En patois ardennais, « beuquer » signifie épier.
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Aujourd’hui la plupart d’entres elles ont perdu cette fonction utilitaire, certaines apportent encore un peu de lumière, d’autres ont été occultées par divers matériaux de façon plus ou moins esthétique.

Voici un échantillon des beuquettes que nous avons pu croiser dans le village de Hautes-Rivières (sur la Semoy) et son hameau de Linchamps (sur le ruisseau de Saint Jean).

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Aujoud’hui La #Beuquette est aussi une célèbre Chronique de Yanny Hureaux dans le journal L’Union-L’Ardennais.

 

NOTE 1 *
La pierre calcaire de Dom-le-Mesnil a un toucher gréseux, grumeleux et doux à la fois. C’est elle qui donne sa couleur orcre-jaune à de nombreux édifices ardennais, des maisons particulières aux monuments, en particuliers les pourtours des fenêtres et portes, comme par exemple sur la célèbre Place Ducale de Charleville, où elle s’allie aux divers tons de briques des murs.

Dom-le-Mesnil est un village en bord de Meuse entre Sedan et Charleville-Mézières. La pierre de Dom est extraite des carrières sur la rive gauche de la Meuse.
Je me souviens avoir exploré avec émerveillement une de ces grandes carrières souterraines, sorte de cathédrale troglodytique.

Beuquette du bâtiment de l'ancienne école de Linchamps (1822)

Beuquette du bâtiment de l’ancienne école de Linchamps (1822)

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Visite à la Bourdaisière

Bravant les menaces d’orage, nous sommes revenues pour une promenade dans les allées du jardin du Château de la Bourdaisière à quelques kilomètres de Montlouis sur Loire, une dizaine à l’est de Tours.

 

Le jardin clos de murs, outre les allées de roses, le quartier des plantes aromatiques, etc.. comporte surtout le Conservatoire national de la Tomate, une collection unique au monde qui rassemble 650 variétés de tomates.

 

 

 

Il a été créé en 1998 par le propriétaire Louis Albert de Broglie, alias « le Prince Jardinier » (qui a également racheté la célèbre maison Deyrolles).

 

 

 

 

Les alignements de dizaines de piquets qui servent à tuteurer toutes ces tomates ont d’étranges allures d’armées en mouvement.

Il faudrait revenir plus tard dans l’été pour contempler mieux l’immense variété des tomates qui, aujourd’hui commencent juste à fleurir pour les plus précoces.

De longue date l’arrosage du jardin (mais aussi l’alimentation en eau du château) a été facilitée grâce à l’installation d’une éolienne Bollée (cousine de celle de Courville-sur-Eure) et d’un château d’eau.

 

 

Quelques vues du jardin :

 

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Au-delà du premier mur derrière les serres anciennes deux créations originales encore :

Le Dahliacolor qui regroupe une immense collection de dahlias… mais là encore, mieux vaut revenir au-delà de la mi-août pour goûter la plénitude des floraisons…

Aujourd’hui le programme est surtout au désherbage et au paillage des planches.

 

Et puis, nous trouvons aussi le « Bar à tomates« …

 

Un table bien accueillante, non ?

 

 

 

 

 

 

 

Mais, l’orage approchant, nous préférons nous réfugier dans les anciennes écuries transformées en exposition sur les variétés de tomates et salon de thé :

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Mary semble avoir beaucoup souffert de la pause imposée par la pluie d’orage qui nous a poursuivies !

Sur le chemin du retour, en aval de Montlouis-sur-Loire, nous nous arrêtons pour contempler le fleuve depuis la Levée de Loire de la rive gauche.

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Comment s’en lasser ?

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